Les organisations touristiques sud-coréennes contestent les projets de réforme des casinos
Les principales organisations représentant les casinos, les hôtels, les voyages et le tourisme ont demandé au gouvernement sud-coréen d’abandonner les projets de réexamen quinquennal des licences et de relèvement du plafond des contributions au fonds national pour le tourisme, estimant que ces mesures pourraient freiner les investissements et menacer l’emploi.
Douze organisations représentant les casinos et l’ensemble du secteur touristique sud-coréen se sont conjointement opposées aux changements réglementaires examinés par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. La coalition comprend notamment la Korea Casino Association, la Korea Tourism Association, la Korea Hotel Association et la Korea Association of Travel Agents, ainsi que des organismes liés au secteur des réunions, voyages de motivation, conférences et expositions.
Les organisations contestent un projet prévoyant un réexamen tous les cinq ans des licences des casinos réservés aux étrangers ainsi qu’un relèvement de 10 % à 15 % du plafond des contributions au Fonds de promotion et de développement du tourisme. Le gouvernement envisage également de soumettre à une autorisation préalable les transferts de droits d’exploitation et les changements concernant les actionnaires de contrôle. Ces mesures sont encore en cours d’élaboration et ne sont pas entrées en vigueur.
Les représentants du secteur soulignent que les casinos versent déjà leurs contributions au fonds touristique en fonction de leurs revenus et non de leurs bénéfices. Un établissement peut donc être tenu de payer même lorsqu’il enregistre une perte d’exploitation. Selon la déclaration commune, environ la moitié des opérateurs sud-coréens ont connu des pertes certaines années au cours de la dernière décennie, ce qui rendrait les établissements de petite taille particulièrement vulnérables à une charge supplémentaire.
La coalition estime également qu’un renouvellement quinquennal réduirait la sécurité juridique et financière des complexes touristiques intégrés. Ces projets nécessitent souvent des investissements de plusieurs centaines de milliards, voire de plusieurs milliers de milliards de wons, et leur rentabilisation peut prendre de nombreuses années. L’incertitude régulière concernant le maintien d’une licence pourrait ainsi compliquer l’accès au financement, l’arrivée de capitaux étrangers et l’approbation de nouveaux projets.
Des représentants de complexes existants ont exprimé les mêmes préoccupations lors d’une réunion consacrée à la politique du secteur, organisée le 4 août au Korea Press Center de Séoul. Inspire Entertainment Resort a déclaré qu’une hausse des contributions pourrait limiter sa capacité à réinvestir les revenus du casino dans les attractions culturelles, les divertissements et les infrastructures touristiques. Lotte Tour Development a pour sa part indiqué que le débat réglementaire suscitait déjà des inquiétudes parmi ses prêteurs et investisseurs.
Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a rejeté l’idée selon laquelle tous les opérateurs seraient immédiatement soumis à un taux uniforme de 15 %. Le gouvernement envisage plutôt de créer une nouvelle tranche progressive, dans laquelle le taux supérieur ne s’appliquerait qu’à la partie des revenus dépassant un seuil encore indéterminé. Les barèmes précis devraient être définis après consultation des opérateurs, des universitaires et des autres parties concernées.
Le ministère défend également le calcul des contributions sur la base des revenus, en soulignant que les prélèvements imposés aux casinos dans plusieurs grands marchés internationaux sont eux aussi fondés sur les recettes de jeu plutôt que sur le bénéfice d’exploitation. Il affirme que le fonds finance la promotion touristique, les projets régionaux, la formation professionnelle et les programmes de financement destinés aux entreprises du secteur. Selon les autorités, les casinos ont reçu environ 91,5 milliards de wons de prêts d’exploitation provenant du fonds entre 1998 et 2025.
Les responsables gouvernementaux précisent en outre que le système quinquennal envisagé ne constituerait pas une procédure entièrement nouvelle de remise en concurrence des licences. Il servirait à vérifier périodiquement le respect des conditions d’autorisation, la solidité financière et les capacités de gestion des opérateurs. Une période transitoire serait prévue pour les entreprises déjà présentes sur le marché.
Le conflit révèle une divergence plus profonde sur l’avenir du marché sud-coréen des casinos réservés aux étrangers. Les organisations touristiques considèrent les complexes intégrés comme des sources importantes d’emplois, de visiteurs internationaux et d’investissements privés. Le gouvernement estime de son côté qu’un secteur limité et étroitement réglementé doit faire l’objet de contrôles périodiques et contribuer de manière appropriée au développement touristique public.
L’impact réel de la réforme dépendra principalement des seuils de contribution retenus et des critères appliqués lors des examens de licences. Un dispositif jugé imprévisible pourrait freiner les investissements, tandis qu’un cadre transparent et proportionné pourrait renforcer la surveillance sans compromettre la compétitivité de l’industrie touristique sud-coréenne.
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