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Le secteur des jeux d’argent au Paraguay à un tournant avec sa nouvelle structure de régulation

Le Paraguay met fin au monopole historique sur les jeux d’argent et déploie une nouvelle architecture réglementaire qui place la CONAJZAR sous l’autorité fiscale, reconnaît pleinement les canaux numériques et veut transformer le marché en un secteur transparent et attractif pour l’investissement.

En 2025, le Paraguay engage une réforme profonde de son industrie du jeu avec l’application de la loi 7438/2025, qui actualise et étend l’ancienne loi 1016/1997 et remplace le modèle de concession unique par une concurrence encadrée. Le texte, complété par le décret 3846/2025, met fin au monopole sur des produits comme les loteries, la “quiniela” et les paris sportifs en autorisant jusqu’à trois opérateurs licenciés par type de jeu, selon des conditions de concession beaucoup plus détaillées.

Sur le plan institutionnel, la Commission nationale des jeux de hasard (CONAJZAR) devient un organisme décentralisé rattaché à la Direction nationale des recettes fiscales (DNIT). La DNIT occupe désormais une position centrale dans la définition des règles et la supervision fiscale, tandis qu’une nouvelle Direction générale des jeux de hasard est créée comme bras technique chargé des procédures d’octroi de licences, du contrôle, de la production de statistiques et de l’application quotidienne des normes. La composition de la CONAJZAR est élargie à des représentants du fisc, des gouvernements régionaux et municipaux, du ministère de l’Intérieur et des services sociaux afin de renforcer la coordination et la lutte contre le jeu illégal.

La réforme vise aussi à adapter le cadre juridique à une industrie de plus en plus numérique. La loi reconnaît explicitement les canaux en ligne et les formats de loterie modernisés, tandis que le décret impose une distance minimale de 200 mètres entre les établissements de jeu et les centres éducatifs et fixe de nouvelles exigences techniques pour les systèmes de jeu et la transmission de données. Les autorités affirment que ces mesures doivent renforcer la transparence, combler les vides juridiques et donner davantage de moyens pour saisir les machines non autorisées et fermer les salles illégales.

Les premiers chiffres montrent déjà un changement d’échelle du marché régulé. Selon les données récentes de la CONAJZAR, les redevances versées entre janvier et novembre 2025 atteignent près de 198 milliards de guaranis (environ 28,7 millions de dollars US), dépassant le record annuel d’environ 175,8 milliards enregistré en 2024. Les régulateurs et les opérateurs attribuent cette dynamique à un meilleur contrôle des concessions, à une collecte fiscale renforcée et à la nouvelle intégration avec la DNIT, certains observateurs estimant que les recettes pourraient, à terme, doubler grâce à une meilleure conformité et à la canalisation de la demande vers l’offre licenciée.

Reste que les défis d’exécution sont majeurs. L’ancien président de la CONAJZAR, Javier Balbuena, aujourd’hui directeur de Gaming Consultores, qualifie la réforme de tournant historique pour le marché paraguayen, tout en rappelant que son efficacité ne pourra être jugée qu’à l’usage. Avec plusieurs opérateurs par produit, le régulateur doit rédiger des cahiers des charges solides, éviter la superposition bureaucratique entre organismes et conserver une capacité technique suffisante pour encadrer à la fois les segments terrestres et numériques. Ce n’est qu’après quelques années de fonctionnement, souligne-t-il, que l’on saura si cette nouvelle structure aura réellement permis de bâtir une industrie du jeu plus moderne, compétitive et durable. 

Publié January 11, 2026 par Brian Oiriga
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