Mashatile nie toute influence dans le dossier de la licence nationale de loterie de 180 milliards de rands
Le vice-président sud-africain Paul Mashatile a rejeté les accusations selon lesquelles des personnes liées à lui auraient bénéficié d’une influence politique dans l’attribution de la quatrième licence nationale de loterie.
Le vice-président sud-africain Paul Mashatile a nié les accusations selon lesquelles des associés liés à lui auraient utilisé une influence politique pour bénéficier de l’attribution de la quatrième licence nationale de loterie. Le litige concerne la licence de huit ans accordée à Sizekhaya Holdings, un contrat largement estimé à environ 180 milliards de rands, soit près de 9,1 milliards d’euros, sur toute sa durée.
Mashatile a répondu à ces accusations lors d’une séance de questions-réponses à l’Assemblée nationale. Il a rejeté l’idée que ses relations personnelles ou familiales aient joué un rôle dans le résultat du processus d’appel d’offres. Il a déclaré que ses amis et les personnes qui le connaissent ne devaient pas être automatiquement considérés comme des criminels ou exclus des affaires en raison de leur proximité avec lui.
La controverse s’est intensifiée après des enquêtes journalistiques reliant la structure actionnariale de Sizekhaya à des personnes proches de Mashatile. AmaBhungane a rapporté que Bellamont Gaming, l’une des sociétés liées à Sizekhaya, est codétenue et codirigée par Khumo Bogatsu, sœur jumelle de l’épouse de Mashatile, ainsi que par l’homme d’affaires Moses Tembe, qui préside Sizekhaya. Ces liens ont alimenté les interrogations sur une possible influence politique dans le processus d’attribution.
Sizekhaya a également rejeté les accusations. Dans des documents judiciaires déposés contre une contestation introduite par le concurrent Ithuba, le consortium aurait soutenu que les articles de presse évoquant des liens politiques ne prouvent aucune violation des règles d’appel d’offres ni du Lotteries Act. Ithuba a engagé une procédure visant à bloquer la transition et à faire réexaminer la décision d’attribution, en invoquant des irrégularités présumées et de possibles conflits d’intérêts.
La National Lotteries Commission a indiqué au Parlement que l’attribution de la quatrième licence nationale de loterie avait suivi un processus concurrentiel. La commission parlementaire du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence a également rappelé que, selon le Lotteries Act, le ministre doit être convaincu qu’aucun parti politique ni responsable politique ne détient d’intérêt financier direct dans le candidat ou ses actionnaires. Le ministre a indiqué avoir sollicité un avis juridique et s’être déclaré satisfait du résultat.
Le dossier reste toutefois politiquement sensible. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a déjà demandé à la NLC d’examiner de nouvelles allégations de liens politiques autour de Sizekhaya, tandis que les partis d’opposition continuent de questionner la transparence de l’attribution.
Pour le secteur sud-africain des loteries, ce litige dépasse largement le cadre d’une seule licence. La loterie nationale est l’un des actifs réglementés les plus précieux du pays, et la confiance du public dépend de la perception d’un processus exempt d’influence politique. Le démenti de Mashatile peut réduire une partie de la pression immédiate, mais le véritable test sera la capacité des enquêtes et procédures judiciaires à démontrer clairement que l’attribution était légale, transparente et libre de conflits d’intérêts.
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