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Le régulateur kényan du gambling s’oppose au retour d’une taxe de 20% sur les gains

La Gambling Regulatory Authority du Kenya s’oppose au projet de rétablissement d’une retenue de 20% sur les gains de gambling, en avertissant qu’une fiscalité plus lourde pourrait affaiblir le marché régulé et pousser les joueurs vers les opérateurs illégaux ou offshore.

La Gambling Regulatory Authority du Kenya s’est opposée au projet de retour d’une retenue à la source de 20% sur les gains de gambling dans le cadre du Finance Bill 2026. Cette proposition fait partie d’un ensemble plus large d’amendements fiscaux actuellement examinés par le Parlement et concernerait les gains provenant d’opérateurs licenciés de betting, gaming, loteries et concours avec prix.

Le Finance Bill 2026 propose de réintroduire une retenue de 20% sur les gains pour les résidents comme pour les non-résidents. Les analyses juridiques du texte indiquent que cette mesure reviendrait partiellement sur la réforme du Finance Act 2025, qui avait orienté le marché vers une taxe de 5% sur les retraits des wallets de betting et de gaming. Le projet propose aussi de définir les “winnings” comme un paiement effectué par un opérateur licencié, à l’exclusion du montant misé ou engagé.

La principale inquiétude de la GRA est qu’un retour brutal à une taxe de 20% rende les plateformes licenciées moins attractives pour les joueurs au moment même où le Kenya cherche à renforcer la régulation formelle du secteur. Des déductions plus importantes sur les gains pourraient réduire la participation sur les canaux légaux et pousser certains utilisateurs vers des sites non licenciés, notamment des plateformes offshore qui ne respectent pas les règles locales de fiscalité, de protection des consommateurs et de jeu responsable.

Le débat intervient seulement quelques mois après une modification du régime fiscal des paris au Kenya. Dans le cadre de 2025, l’ancienne taxe de 20% sur les gains nets avait été remplacée par une retenue de 5% sur les retraits des wallets de betting et de gaming, créant un système qui taxait les cash-outs plutôt que seulement les profits. Ce modèle était déjà controversé, car il pouvait s’appliquer même lorsqu’un joueur retirait ses propres fonds déposés.

Le Finance Bill 2026 risque maintenant de créer une structure fiscale cumulative. Si la taxe de 20% sur les gains est ajoutée aux prélèvements existants sur les dépôts ou les retraits, les opérateurs devront probablement adapter leurs systèmes pour distinguer les mises, les gains nets et les retraits. Les joueurs pourraient aussi supporter une charge fiscale effective plus lourde, selon la manière dont la version finale de la loi définira chaque point taxable.

La proposition reste en phase de participation publique. L’Assemblée nationale du Kenya a invité le public et les parties prenantes à soumettre leurs mémorandums sur le Finance Bill 2026 à la Departmental Committee on Finance and National Planning, avec une date limite fixée au 25 mai à 17h pour les contributions écrites. Le processus s’inscrit dans les exigences constitutionnelles de participation publique.

Ce débat fiscal intervient aussi alors que la GRA cherche à opérationnaliser le nouveau Gambling Control Act, 2025. Le site du régulateur présente des projets de règlements pour 2026 couvrant les licences, la conduite des opérations de gambling, la publicité, la loterie nationale, les opérateurs tournés vers l’étranger et le Gambling Appeals Tribunal, ce qui montre que le Kenya traverse déjà une transition réglementaire plus large.

Pour le marché kényan du gambling, le différend ne porte donc pas seulement sur la collecte fiscale. Il concerne l’équilibre entre recettes publiques, maintien des joueurs dans le marché légal et protection des consommateurs. Une taxe de 20% sur les gains pourrait accroître les recettes à la source, mais si elle réduit l’attractivité des opérateurs licenciés, l’État pourrait perdre en visibilité sur l’activité réelle de betting. La décision finale montrera si le Kenya privilégie les recettes immédiates ou un marché régulé plus stable avec une supervision durable.

 

Publié June 1, 2026 par Brian Oiriga
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