Le Kenya adopte le Finance Bill 2026 après avoir révisé plusieurs propositions fiscales
L’Assemblée nationale du Kenya a approuvé le Finance Bill 2026 après avoir modifié plusieurs propositions fiscales, tandis que le secteur des paris et des jeux reste attentif au possible retour d’un impôt de 20 % sur les gains de gambling.
L’Assemblée nationale du Kenya a adopté le Finance Bill 2026 après la révision de plusieurs propositions fiscales initiales à la suite de la participation publique et de l’examen en commission.
Les députés ont approuvé le texte en troisième lecture le 18 juin 2026, avec 122 voix pour et 40 contre. Le projet de loi attend désormais la promulgation présidentielle avant de devenir loi et de s’intégrer au cadre de recettes publiques pour l’exercice 2026/27.
Le vote intervient après plusieurs semaines de débat sur la stratégie fiscale du Kenya, les mesures de conformité et les efforts du gouvernement pour financer un budget national de 4,8 billions de shillings kényans. Les députés ont adopté les amendements recommandés par la Departmental Committee on Finance and National Planning, plusieurs mesures controversées ayant été retirées ou révisées après les contributions du public.
Pour le secteur des jeux d’argent, le Finance Bill reste particulièrement important car il relance le débat sur la taxation des gains de paris et de gaming. Les analyses précédentes du texte indiquaient qu’il proposait une retenue à la source de 20 % sur les gains de gambling, applicable aux résidents comme aux non-résidents. Le projet introduisait également une définition des « winnings » comme des paiements effectués par des opérateurs licenciés, à l’exclusion de la mise initiale.
Cette définition est importante pour le marché kényan des paris. Les différends fiscaux précédents portaient souvent sur la question de savoir si la taxe devait s’appliquer aux montants bruts, aux gains nets ou aux retraits depuis les portefeuilles de paris. En définissant plus clairement les gains, le projet cherche à réduire l’ambiguïté, mais il pourrait aussi accroître la charge fiscale des joueurs et des opérateurs s’il est appliqué en parallèle avec les taxes déjà existantes sur les transactions liées aux paris.
La Gambling Regulatory Authority avait appelé le Parlement à réexaminer le traitement proposé des gains, avertissant que certaines dispositions pourraient être difficiles à appliquer en pratique. L’autorité a soutenu qu’une fiscalité trop complexe ou superposée pourrait créer des difficultés de conformité et accroître la pression sur le marché réglementé.
Le Kenya reste l’un des plus grands marchés de paris en Afrique, porté par les mises mobiles, les paiements numériques et une forte participation des consommateurs aux paris sportifs. Toute modification de la taxation des gains a donc des implications directes pour les opérateurs licenciés, les joueurs, la collecte fiscale et la compétitivité du marché légal.
Les partisans du texte estiment qu’une fiscalité plus claire et des définitions plus précises peuvent améliorer la collecte des recettes et réduire les failles dans un secteur numérique en forte croissance. Pour le gouvernement, le gambling fait partie d’un effort plus large visant à élargir l’assiette fiscale, améliorer la conformité et capter les revenus dans des secteurs où l’argent circule rapidement via les plateformes mobiles et en ligne.
Les critiques avertissent toutefois qu’une hausse de la fiscalité sur les jeux peut produire des effets non souhaités. Si les joueurs considèrent que les plateformes légales sont trop taxées, certains peuvent se tourner vers des sites offshore ou non licenciés, où la protection des consommateurs est plus faible et où la collecte fiscale devient plus difficile. Cette préoccupation revient régulièrement sur les marchés africains des jeux, où les gouvernements cherchent à équilibrer croissance des recettes et durabilité du marché.
Le Finance Bill 2026 intervient également alors que le Kenya renforce plus largement la supervision du secteur des jeux. La Gambling Regulatory Authority pousse pour des systèmes de monitoring plus solides, une meilleure visibilité des transactions et une coopération accrue entre régulateurs, prestataires de paiement et autres agences publiques.
Pour les opérateurs, l’adoption du projet signifie que la planification fiscale et la préparation à la conformité deviendront plus urgentes une fois le texte final confirmé et la promulgation présidentielle obtenue. Les entreprises devront évaluer l’impact des changements éventuels concernant la retenue à la source, la définition des gains et les obligations de reporting sur leurs produits, leurs marges et leur communication avec les clients.
Pour le Kenya, le Finance Bill amendé montre l’équilibre difficile auquel les décideurs sont confrontés. Le gouvernement a besoin de davantage de recettes, mais le secteur des paris est très sensible à la conception fiscale. L’impact final dépendra de la manière dont les nouvelles règles seront appliquées, du maintien ou non des dispositions liées au gambling dans la loi promulguée et de la capacité des régulateurs à éviter de pousser les joueurs vers des plateformes non licenciées.
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