La Haute Cour du Kenya autorise l’application de la plupart des nouvelles règles de licence mais maintient la suspension des hausses de frais et de capital
La Haute Cour du Kenya a limité la portée d’une précédente suspension des Gambling Control (Licensing) Regulations, 2026, permettant à l’essentiel du nouveau cadre d’entrer en application tout en maintenant le gel des augmentations contestées des frais de licence et des exigences minimales de capital dans l’attente d’une décision définitive.
La Haute Cour du Kenya a partiellement levé la suspension touchant le nouveau système national de licences de jeux d’argent, permettant à la Gambling Regulatory Authority of Kenya d’appliquer la majeure partie des Gambling Control (Licensing) Regulations, 2026. Les nouveaux frais de licence prévus dans la deuxième annexe ainsi que les exigences de capital fixées dans la troisième annexe restent toutefois suspendus.
Le juge W. Musyoka a rendu sa décision le 7 août dans l’affaire de contrôle juridictionnel HCJR/E251/2026. La procédure a été engagée par Thomas Buckley Opar Owuor et Ken Brance contre le Prime Cabinet Secretary et Cabinet Secretary for Foreign and Diaspora Affairs, la Gambling Regulatory Authority of Kenya et trois autres défendeurs.
Le litige concerne les Gambling Control (Licensing) Regulations, 2026, publiées officiellement le 29 juin sous la forme du Legal Notice No. 111 of 2026. Adoptées dans le cadre du Gambling Control Act de 2025, ces règles détaillent notamment les catégories de licences, les procédures de demande et de renouvellement, les frais, les capacités financières requises et plusieurs autres obligations applicables aux entreprises de jeux au Kenya.
Le 20 juillet, la Haute Cour avait autorisé les requérants à engager une procédure substantielle de contrôle juridictionnel et décidé que cette autorisation produirait l’effet d’une suspension. L’ensemble du nouveau règlement de licences avait alors été temporairement gelé. Les défendeurs avaient ensuite demandé au tribunal de lever ou de modifier cette mesure afin que le régulateur puisse poursuivre ses fonctions administratives, de protection des consommateurs, de lutte contre le blanchiment et de contrôle du marché.
Dans sa décision du 7 août, le juge Musyoka a considéré que les principales objections des requérants portaient sur certaines dispositions financières plutôt que sur l’ensemble du règlement. Les requérants affirment notamment que les nouveaux frais de licence représentent des augmentations allant de 200 % à 49 900 % par rapport aux niveaux précédents. Le tribunal a donc estimé qu’une suspension totale n’était pas nécessaire.
En conséquence, seules les augmentations des frais prévues dans la deuxième annexe et les exigences de capital figurant dans la troisième annexe restent suspendues. Toutes les autres dispositions des Gambling Control (Licensing) Regulations, 2026 peuvent désormais être appliquées et mises en œuvre par les autorités compétentes.
La Gambling Regulatory Authority peut ainsi reprendre l’application générale du système de licences et poursuivre ses autres missions réglementaires. La décision permet notamment de continuer les activités liées à la protection des consommateurs, au contrôle anti-blanchiment, à la surveillance des opérateurs non autorisés ou offshore, ainsi qu’à la protection des fonds et des données des joueurs.
Les dispositions financières demeurent néanmoins un enjeu majeur pour le secteur puisqu’elles déterminent directement le coût d’entrée et de maintien sur le marché réglementé. Les requérants estiment que les nouveaux montants pourraient exercer une pression importante sur les opérateurs agréés. Le gouvernement et le régulateur soutiennent de leur côté que les nouvelles règles sont nécessaires pour rendre pleinement opérationnel le Gambling Control Act et renforcer la supervision nationale.
Cette réforme s’inscrit dans la transformation plus large du secteur engagée avec le Gambling Control Act de 2025, qui a remplacé l’ancienne législation et transféré les responsabilités de l’ancien Betting Control and Licensing Board à la nouvelle Gambling Regulatory Authority. Il s’agit de l’une des réformes les plus importantes du cadre kenyan des jeux depuis plusieurs décennies.
La procédure principale se poursuivra désormais par des observations écrites, que les parties doivent déposer et échanger avant le 21 septembre. Le jugement est prévu pour le 2 octobre 2026. D’ici là, les opérateurs devront respecter les dispositions du nouveau régime qui sont entrées en vigueur, tandis que les frais et exigences de capital contestés resteront gelés.
La décision du 7 août réduit donc une partie de l’incertitude réglementaire créée par la suspension initiale sans trancher les éléments les plus sensibles sur le plan commercial. Le jugement attendu en octobre sera particulièrement important pour les opérateurs déjà présents et pour les nouveaux entrants, puisqu’il déterminera si les exigences financières nettement renforcées deviendront une composante permanente du nouveau marché réglementé kenyan.
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