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La Cour suprême indienne se dirige vers les audiences finales sur l’interdiction nationale des jeux en ligne

La Cour suprême de l’Inde a accepté de faire progresser vers les audiences finales plusieurs recours constitutionnels contestant l’interdiction nationale des jeux en ligne avec mise d’argent, ouvrant la voie à une décision potentiellement déterminante pour un secteur soumis à de fortes restrictions depuis le mois de mai.

La Cour suprême de l’Inde a accepté de passer aux audiences finales concernant plusieurs recours contre le Promotion and Regulation of Online Gaming Act de 2025, qui interdit dans l’ensemble du pays les jeux en ligne impliquant de l’argent, que leur résultat dépende de l’habileté, du hasard ou d’une combinaison des deux. La loi est entrée en vigueur le 1er mai 2026.

Lors de l’audience du 5 août, une formation dirigée par le président de la Cour suprême Surya Kant et le juge Joymalya Bagchi a demandé aux avocats des différentes parties, dont le Solicitor General Tushar Mehta représentant le gouvernement central, d’achever leurs écritures avant l’examen définitif du dossier. Cette étape rapproche le contentieux constitutionnel d’une décision sur le fond, sans que la Cour ait pour l’instant statué sur la validité de l’interdiction.

La législation définit largement un « jeu d’argent en ligne » comme un jeu auquel un utilisateur participe après avoir payé des frais, déposé de l’argent ou engagé une autre forme de mise dans l’espoir d’obtenir un gain monétaire ou équivalent. Cette définition s’applique indépendamment de la part d’habileté ou de hasard, tandis que les compétitions d’esport reconnues qui n’impliquent pas de paris en sont exclues. La loi interdit l’offre et la facilitation de ces jeux, leur publicité ainsi que les transactions financières destinées à financer leur utilisation.

Cette absence de distinction entre hasard et habileté constitue l’un des principaux points du recours. Les requérants soutiennent qu’une interdiction totale appliquée à des jeux comme le rami ou le poker pourrait porter atteinte à l’article 19(1)(g) de la Constitution indienne, qui protège le droit d’exercer une profession ou une activité commerciale légale, sous réserve de restrictions raisonnables. Les acteurs du secteur affirment que l’assimilation des jeux traditionnellement considérés comme reposant sur l’habileté aux jeux de hasard purs a pratiquement supprimé un secteur commercial jusque-là autorisé.

Les recours avaient initialement été déposés devant les Hautes Cours de Delhi, du Karnataka et du Madhya Pradesh. En septembre 2025, la Cour suprême a décidé de reprendre elle-même l’ensemble des affaires à la demande du gouvernement central, afin que les questions constitutionnelles liées à la nouvelle législation nationale soient examinées conjointement et d’éviter des décisions contradictoires entre différentes juridictions.

Le gouvernement défend de son côté l’interdiction en invoquant la protection des consommateurs, la santé publique et les risques de criminalité financière. Le texte de la loi mentionne notamment les risques d’addiction, les pertes financières, la vulnérabilité des jeunes et des personnes économiquement fragiles, la publicité agressive ainsi que des préoccupations liées à la fraude, au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale et, dans certains cas, au financement du terrorisme.

Parallèlement aux recours introduits contre la loi, la Cour suprême examinera également une action d’intérêt public déposée par le Centre for Accountability and Systemic Change. L’organisation demande des mesures plus strictes contre les services de paris et de jeux d’argent qui, selon elle, continueraient leurs activités en se présentant comme des jeux sociaux ou des produits d’esport. Son avocat a indiqué à la Cour qu’une liste d’environ 2 000 applications prétendument actives avait déjà été communiquée aux autorités et aux juges.

Le cadre réglementaire indien a déjà profondément changé depuis l’adoption de la loi. En avril 2026, le gouvernement a publié les règles d’application du nouveau régime et créé l’Online Gaming Authority of India. Le dispositif, opérationnel depuis le 1er mai, prévoit la promotion de l’esport et de certains jeux sociaux tout en maintenant l’interdiction des jeux en ligne impliquant des mises d’argent.

Les prochaines audiences pourraient ainsi déterminer bien davantage que l’avenir de plusieurs entreprises du secteur. La Cour suprême devra notamment préciser jusqu’où le gouvernement central peut aller dans l’application d’une interdiction uniforme à l’échelle nationale et si la distinction historique entre jeux d’habileté et jeux de hasard conserve une importance constitutionnelle dans l’environnement numérique.

Une validation de la loi consoliderait l’un des régimes nationaux les plus restrictifs au monde pour les jeux en ligne avec argent réel. À l’inverse, un recours couronné de succès pourrait obliger le législateur à revoir l’interdiction générale et relancer le débat sur un régime réglementé distinct pour certains jeux d’habileté. Dans l’attente de la décision définitive de la Cour suprême, l’interdiction nationale reste pleinement applicable.

Publié August 10, 2026 par Brian Oiriga
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