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La République dominicaine révise les taxes sur les loteries alors que le plan anticrise avance

La République dominicaine a modifié certaines mesures fiscales liées aux jeux d’argent dans le cadre de son plan anticrise, réduisant la taxe annuelle proposée pour les bancas de loterie tout en maintenant des hausses plus larges pour les paris et les casinos.

La République dominicaine a fait avancer son paquet fiscal anticrise après avoir révisé plusieurs mesures fiscales liées aux jeux d’argent, notamment la taxe appliquée aux bancas de loterie.

Le paquet, présenté par le gouvernement comme une réponse aux pressions économiques internationales, vise à générer entre 40 et 50 milliards de pesos dominicains de recettes supplémentaires sans augmenter l’ITBIS. Ces mesures font partie de la loi 30-26, approuvée par le Congrès puis promulguée par le président Luis Abinader, selon la presse locale.

Pour le secteur des jeux, l’un des changements les plus importants concerne les bancas de lotería. La proposition initiale de l’Exécutif prévoyait de porter l’impôt unique annuel des bancas de loterie à 120 000 pesos. Les législateurs ont toutefois réduit ce montant de 35 000 pesos, fixant le chiffre final à 85 000 pesos par an. Les bancas de loterie seront également soumises à un droit d’exploitation de 200 000 pesos.

Cette modification montre que le secteur des jeux est resté l’un des points les plus sensibles du débat fiscal. Alors que le gouvernement cherchait à augmenter les recettes provenant des jeux de hasard, les législateurs ont adouci certaines hausses proposées avant l’avancement du paquet.

Les parlementaires ont également ajusté le traitement fiscal des prix et gains issus des loteries et des jeux. La proposition initiale prévoyait un impôt de 25 % sur les gains provenant des loteries, des bancas de loterie, des bancas de paris sportifs, des fracatanes et d’autres formes de paris ou de tirages. La version approuvée applique le taux de 25 % uniquement aux gains supérieurs à 600 001 pesos. Les gains compris entre 200 001 et 600 000 pesos seront taxés à 15 %.

D’autres segments du gambling feront toutefois face à une fiscalité plus élevée. Les bancas de paris sportifs situées dans les principales zones, notamment le District national, Santo Domingo, San Cristóbal, Santiago, Duarte, Puerto Plata et La Vega, paieront 500 000 pesos par an. Celles situées dans d’autres régions du pays paieront 300 000 pesos par an. Les casinos devront également verser des montants mensuels plus élevés selon le nombre de tables de jeu en opération, avec des taux allant de 70 000 à 100 000 pesos par table selon la taille de l’établissement.

Le paquet actualise aussi la fiscalité des machines à sous, qui paieront entre 15 000 et 18 000 pesos par mois selon leur localisation.

Pour l’industrie dominicaine des jeux, la version finale représente un résultat mitigé. Les opérateurs ont évité certaines des hausses les plus fortes proposées au départ, en particulier dans le segment des bancas de loterie, mais la direction générale reste celle d’une pression fiscale plus élevée et d’une captation plus importante des revenus par l’État.

Ces changements interviennent aussi alors que la République dominicaine poursuit ses efforts de formalisation et de réorganisation du marché des jeux. Des mesures gouvernementales antérieures visaient à régulariser les bancas de loterie, les agences de paris et d’autres entreprises du secteur, avec un rôle renforcé des autorités fiscales dans la vérification de la conformité.

Pour les opérateurs, le nouveau cadre exigera une attention accrue aux marges, au statut de licence et à la planification fiscale. Les petites entreprises de loterie et de paris pourraient être particulièrement touchées, car les charges annuelles fixes peuvent peser lourdement sur des opérations de détail à rentabilité limitée.

Pour le gouvernement, cette réforme reflète une stratégie plus large : les jeux d’argent restent une source de recettes politiquement sensible mais attractive dans un contexte de pression budgétaire. En révisant les taxes sur les loteries tout en maintenant des charges plus élevées sur l’ensemble du secteur, la République dominicaine cherche à équilibrer besoins de recettes, résistance de l’industrie et formalisation d’un marché des jeux encore fragmenté.

Publié June 30, 2026 par Brian Oiriga
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