Les candidats à la présidentielle brésilienne divisés sur l'interdiction des paris et 12,2 milliards de R$ de recettes fiscales
Le marché réglementé des paris est devenu un sujet de la campagne présidentielle au Brésil, les propositions allant d'une interdiction totale à une hausse des taxes et à de nouvelles restrictions publicitaires, tandis que reste posée la question des 12,2 milliards de R$ de recettes fiscales générées par le secteur en 2025.
L'avenir des paris en ligne s'invite dans la campagne présidentielle brésilienne, moins de deux ans après le lancement du marché fédéral pleinement réglementé.
Quatre candidatures défendent actuellement une interdiction complète des plateformes de paris. Renan Santos soutient cette approche, tout comme les candidats du PSTU, du PCB et de l'UP. Aucun n'a toutefois présenté de solution détaillée permettant de remplacer les 12,2 milliards de R$ de recettes fiscales collectées auprès du secteur en 2025 en cas de disparition du marché légal.
Le président Luiz Inácio Lula da Silva adopte pour l'instant une position différente. Son programme prévoit de conserver et d'améliorer le système actuel, notamment en renforçant le contrôle des dépenses, le suivi de l'endettement des ménages, les règles de crédit et l'aide en santé mentale destinée aux joueurs compulsifs. Lula a néanmoins récemment évoqué publiquement la possibilité de mesures beaucoup plus radicales, tandis que son gouvernement prépare une nouvelle mesure provisoire destinée à renforcer les restrictions imposées aux opérateurs.
Flávio Bolsonaro met davantage l'accent sur l'endettement lié aux jeux et la protection des revenus des ménages plutôt que sur une interdiction générale. Ronaldo Caiado souhaite pour sa part renforcer fortement les restrictions publicitaires, tandis qu'Augusto Cury s'est prononcé en faveur d'une fiscalité beaucoup plus élevée pour les entreprises de paris.
La question fiscale donne une importance particulière au débat. Depuis le 1er janvier 2025, seuls les opérateurs autorisés par la Secretaria de Prêmios e Apostas peuvent proposer légalement des paris à l'échelle nationale. Le ministère des Finances indiquait récemment que 85 entreprises avaient obtenu une autorisation, chaque licence fédérale étant associée à un paiement de 30 millions de R$ et pouvant couvrir jusqu'à trois marques.
En 2025, les plateformes réglementées ont enregistré environ 220,6 milliards de R$ de dépôts et 36,9 milliards de R$ de revenu brut des jeux. Elles ont généré 12,2 milliards de R$ de recettes fiscales pour l'État, auxquels se sont ajoutées plusieurs milliards de reais de contributions sociales.
Une interdiction totale poserait donc un double problème : remplacer une source désormais importante de recettes publiques et empêcher les joueurs de se tourner vers des plateformes offshore non autorisées. À l'inverse, les préoccupations concernant l'endettement, l'addiction et la publicité continuent d'alimenter les appels à un durcissement des règles.
Quel que soit le résultat de l'élection, le cadre réglementaire brésilien semble ainsi se diriger vers de nouvelles modifications. Le véritable point de divergence entre les candidats porte désormais sur leur ampleur : renforcer la fiscalité et les contrôles du marché légal, limiter fortement sa promotion ou supprimer complètement les paris en ligne autorisés.
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