Le Brésil durcit les règles de l’eFX à l’ère des paris tout en conservant une classification dédiée aux flux liés au jeu
La Banque centrale du Brésil a approuvé un nouveau paquet de règles pour le service international de paiement eFX, en renforçant les conditions d’accès et de circulation des fonds, tandis que le cadre cambial brésilien continue d’utiliser un code spécifique pour les transactions liées aux “jeux et paris”.
La nouvelle étape réglementaire a été franchie le 30 avril 2026, lorsque la Banco Central a approuvé la Résolution BCB n° 561 afin de mettre à jour les règles applicables à l’eFX, le modèle réglementé utilisé pour les paiements internationaux numériques, les achats, les retraits et les transferts. La Banque centrale a expliqué que cette réforme vise à améliorer la sécurité, la transparence et l’alignement du Brésil avec les standards internationaux de prévention des flux financiers illicites.
Le changement le plus direct concerne le contrôle institutionnel du service. D’après la Banque centrale et Agência Brasil, l’eFX sera désormais réservé aux institutions autorisées par le BCB, tandis que les prestataires encore non autorisés pourront poursuivre leurs opérations à titre transitoire, à condition de demander une autorisation avant mai 2027. Le dispositif prévoit aussi l’envoi mensuel d’informations détaillées à la Banque centrale ainsi que l’utilisation de comptes séparés pour le transit des fonds des clients, ce qui montre un durcissement net de la conformité autour des paiements numériques transfrontaliers.
La réforme élargit également les usages permis de l’eFX. Agência Brasil indique que le nouveau cadre étend le service aux investissements sur les marchés financier et de capitaux au Brésil et à l’étranger, avec une limite de 10 000 dollars par transaction, tandis que le texte officiel confirme des obligations transitoires comme l’enregistrement au Unicad avant le 30 octobre 2026 pour les institutions autorisées fournissant ce service. En pratique, la Banque centrale élargit donc les usages légitimes tout en resserrant fortement l’architecture de contrôle.
Il faut toutefois préciser un point important : le code dédié aux paris n’est pas entièrement nouveau en 2026. Dans le cadre cambial mis en place par la Banque centrale en 2022, le régulateur avait déjà créé des codes spécifiques pour les flux liés aux “jeux et paris”, en expliquant que cela devait permettre une identification plus directe de ces opérations à des fins de supervision et de production statistique. Dans les tableaux annexes, le code eFX applicable à “jogos e apostas” est 34045, tandis qu’un code plus large de services pour “jogos e apostas” est 46150.
Ce point est d’autant plus important que le marché brésilien des paris à cote fixe n’évolue plus dans un vide juridique. Le ministère des Finances rappelle que seules les entreprises préalablement autorisées par la Secretaria de Prêmios e Apostas peuvent opérer au niveau national depuis le 1er janvier 2025, et que les sites fédéralement autorisés utilisent l’extension “.bet.br”. Dans ce contexte, la combinaison entre une classification cambiale dédiée et un encadrement plus strict de l’eFX montre un objectif plus large : rendre les flux financiers liés au jeu plus visibles, plus traçables et plus faciles à distinguer des activités illégales ou opaques.
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