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La Cour suprême du Brésil suspend l’affaire historique sur les jeux après le vote de Luiz Fux en faveur de l’interdiction de 1941

Le Tribunal suprême fédéral du Brésil a suspendu l’examen du recours extraordinaire RE 966177 après que le juge Flávio Dino a demandé davantage de temps pour étudier le dossier. La procédure pourrait déterminer si l’ancienne interdiction pénale des jeux de hasard, notamment des activités de type casino, des machines à sous et du bingo, reste compatible avec la Constitution de 1988.

Le Tribunal suprême fédéral brésilien (STF) a temporairement suspendu une affaire très suivie concernant le statut juridique des jeux de hasard après avoir repris son examen les 5 et 6 août. Le recours extraordinaire RE 966177, enregistré comme thème 924 de répercussion générale, porte sur la question de savoir si l’article 50 de la Loi sur les contraventions pénales de 1941 reste valable au regard de la Constitution adoptée en 1988.

Cette disposition qualifie de contravention pénale le fait d’établir ou d’exploiter des jeux de hasard dans un lieu public ou accessible au public. Elle constitue historiquement l’une des bases juridiques utilisées contre les machines à sous, le bingo et d’autres activités de jeu non autorisées. L’affaire ne vise pas directement à créer un système de licences pour les casinos ou le bingo : la Cour doit déterminer si l’interdiction pénale actuelle conserve sa validité constitutionnelle.

Le litige trouve son origine dans l’État du Rio Grande do Sul, où une juridiction inférieure avait annulé la condamnation d’un homme qui exploitait trois machines à sous dans un bar de São Leopoldo. Les juges avaient estimé que l’interdiction datant de 1941 n’avait pas été reprise par la Constitution de 1988, notamment au regard de la liberté individuelle et de la libre initiative économique. Le ministère public du Rio Grande do Sul a alors porté l’affaire devant le STF.

Le juge rapporteur Luiz Fux a été le premier membre de la Cour à voter après la reprise du dossier. Il s’est prononcé en faveur du maintien de l’article 50 et a proposé une thèse juridiquement contraignante selon laquelle la contravention pénale relative à l’exploitation des jeux de hasard a bien été reçue par la Constitution de 1988. Si cette position obtient finalement la majorité, la base juridique permettant d’interdire les jeux terrestres non autorisés restera en vigueur.

Fux estime que les garanties constitutionnelles relatives aux libertés individuelles et à la libre entreprise n’empêchent pas l’État de limiter des activités considérées comme socialement nuisibles. Il a notamment insisté sur les risques d’addiction et sur les conséquences financières pouvant toucher les joueurs et les ménages.

L’examen a toutefois été interrompu le 6 août lorsque le juge Flávio Dino a demandé un délai supplémentaire. Dino a indiqué qu’il partageait globalement l’analyse de Fux sur la validité constitutionnelle de l’interdiction des jeux de hasard traditionnels, tout en estimant que la Cour ne devrait pas adopter une thèse définitive sans prendre également en considération le développement rapide des paris en ligne au Brésil.

Dino souhaite que le RE 966177 soit examiné en liaison avec d’autres procédures concernant le cadre fédéral des paris, notamment les recours constitutionnels visant la Loi 14.790/2023. Le Brésil dispose désormais d’un marché fédéral réglementé pour les paris à cote fixe autorisés, ce qui crée un contraste de plus en plus évident entre les paris en ligne légaux et l’interdiction toujours appliquée à de nombreux jeux traditionnels. Le Plénum du STF a accepté de reporter la conclusion de l’affaire afin d’examiner cette interaction entre les différents régimes.

La future décision aura des effets bien au-delà du dossier initial concernant les machines à sous. Selon le STF, au moins 2 728 procédures judiciaires sont actuellement suspendues dans le pays dans l’attente d’une décision définitive prise selon le mécanisme de répercussion générale. La thèse adoptée par la Cour suprême servira donc de référence aux juridictions inférieures confrontées à des litiges similaires.

Pour l’industrie brésilienne des jeux, il reste cependant essentiel de distinguer la décision judiciaire d’une véritable réforme législative. Une éventuelle déclaration d’inconstitutionnalité de l’article 50 affaiblirait la base actuelle permettant de criminaliser certains jeux de hasard, mais elle ne créerait pas automatiquement un marché réglementé des casinos ou du bingo. À l’inverse, la confirmation de la validité de l’article maintiendrait l’interdiction tant que le Congrès ne modifie pas la législation fédérale.

Aucune nouvelle date n’a encore été fixée pour la reprise du jugement. Le Brésil conserve donc pour l’instant deux régimes très différents : un marché réglementé des paris à cote fixe d’un côté et une interdiction vieille de plusieurs décennies applicable à de nombreux jeux traditionnels de l’autre. La future décision du STF pourrait apporter une clarification constitutionnelle importante, mais l’ouverture d’un véritable marché réglementé des casinos et du bingo dépendrait toujours d’une décision politique et législative plus large.

Publié August 12, 2026 par Brian Oiriga
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