L'Ouganda supprime l'exemption de 15 % sur les gains des casinos terrestres
Le Parlement ougandais a approuvé une modification législative soumettant les gains des casinos terrestres agréés à la même retenue à la source de 15 % que celle appliquée aux autres activités de paris et de jeux. Cette mesure supprime une distinction fiscale que le président Yoweri Museveni avait qualifiée de potentiellement incitative à la fraude et aux pertes de recettes.
Le Parlement ougandais a rejeté une proposition d'exemption qui aurait exempté les gains des casinos terrestres agréés de la retenue à la source de 15 % applicable aux gains des paris et des jeux. Cette décision aligne le traitement fiscal des casinos physiques sur celui du secteur des jeux en ligne et s'inscrit dans une démarche plus globale d'harmonisation du système fiscal ougandais des jeux d'argent.
Cette modification a été approuvée par le Parlement le 4 août, après que le président Yoweri Museveni a renvoyé le projet de loi d'amendement de l'impôt sur le revenu de 2026 pour réexamen. Dans une lettre datée du 10 juillet, Museveni s'est opposé à l'exemption accordée aux casinos, arguant que des activités de jeux d'argent sensiblement similaires ne devraient pas bénéficier d'un traitement fiscal différent du seul fait que l'une soit proposée en ligne et l'autre dans un établissement physique.
Selon la nouvelle approche, une retenue à la source de 15 % s'appliquera aux gains nets des casinos terrestres, comme c'est déjà le cas pour les gains des paris et jeux en ligne. Les gains versés dans le cadre de la loterie nationale ougandaise resteront exonérés.
La commission parlementaire des finances, de la planification et du développement économique a soutenu la position du président. Son président, Maximus Ochai, a déclaré que le maintien de cette exemption pourrait favoriser l'évasion fiscale et les pertes de recettes en permettant aux opérateurs ou aux clients de bénéficier d'un traitement différent selon la plateforme utilisée pour exercer une activité de jeu fondamentalement similaire.
Le ministre des Finances, Henry Musasizi, avait également soutenu la proposition lors du réexamen. Il a fait valoir qu'un traitement différent pour les activités de casino en ligne et terrestres pourrait inciter les entreprises à structurer leurs opérations via des circuits d'exemption afin d'obtenir un avantage fiscal. Le gouvernement espère que ces mesures harmonisées contribueront à préserver les recettes fiscales liées aux jeux d'argent, estimées à environ 65 milliards d'UGX pour l'exercice 2026/27.
Cette réforme s'inscrit dans le cadre d'une restructuration plus large de la fiscalité des jeux d'argent en Ouganda. Début 2026, le Parlement a approuvé des amendements à la loi sur les loteries et les jeux, instaurant un taux d'imposition harmonisé de 30 % pour les opérateurs de paris et de jeux. Auparavant, les paris étaient taxés à 20 %, tandis que les jeux étaient soumis à un taux plus élevé. Cette dernière modification étend le principe de neutralité fiscale aux gains des joueurs.
Cette mesure est importante pour les casinos terrestres agréés, car les opérateurs devront désormais appliquer une retenue à la source sur les gains nets de leurs clients, au lieu de bénéficier de l'exemption prévue par la version précédente de la loi. Pour le gouvernement, l'objectif est de réduire l'arbitrage fiscal et de garantir que le développement des jeux d'argent en ligne n'entraîne pas de différences fondamentales dans les règles fiscales appliquées aux produits comparables proposés dans les établissements physiques.
La décision prise par l'Ouganda s'inscrit donc dans une évolution plus large vers un cadre fiscal plus unifié pour les jeux d'argent. En taxant de manière uniforme les gains nets, que ce soit en ligne ou dans les établissements physiques, tout en maintenant l'exemption pour la loterie nationale, les autorités cherchent à concilier la collecte des recettes et une plus grande neutralité entre les différentes formes de jeux d'argent réglementés. L'impact concret dépendra désormais de la mise en œuvre de ces mesures et de la capacité des opérateurs à s'adapter à l'effet combiné de la hausse des taxes sectorielles et de l'extension du régime de retenue à la source.
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