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L’opposition turque veut refondre les règles du jeu, tandis qu’Ankara durcit la lutte contre les paris illégaux

Le CHP estime que le dispositif actuel des paris “légaux” alimente le marché noir et plaide pour une loi unique, un régulateur dédié, un renforcement de l’action financière et un encadrement plus strict de la publicité.

Le principal parti d’opposition en Turquie, le Parti républicain du peuple (CHP), appelle à une refonte d’ampleur de la gouvernance des jeux d’argent et des paris, jugeant que le cadre actuel est trop fragmenté et que la seule répression ne suffira pas à réduire l’offre illégale. Ses propositions ont été détaillées après une conférence de presse au Parlement le 19 janvier, menée par le vice-président du groupe CHP Murat Emir et le membre du conseil du parti Ozan Bingöl, qui ont présenté le sujet comme un enjeu de santé publique et de sécurité nationale, et demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Le cœur de la démarche consiste à regrouper la réglementation actuelle dans une loi-cadre unique sur les jeux d’argent et à créer une autorité de “régulation et de supervision” spécialisée. Dans des prises de parole parlementaires sur la même période, des responsables du CHP ont aussi réclamé l’interdiction des publicités pour les jeux—en particulier sur les réseaux sociaux—et des mesures destinées à couper totalement les circuits de financement illégaux qui alimentent les opérateurs clandestins.

Cette offensive politique intervient alors que le gouvernement renforce déjà sa propre stratégie contre les paris illégaux. Une circulaire présidentielle publiée au Journal officiel a lancé un plan d’action 2025–2026 coordonné par le MASAK (cellule turque de lutte contre la criminalité financière), visant la détection et l’entrave des activités illégales sur les plateformes numériques, dans les systèmes de paiement, via les canaux de publicité/promotion, et sur la dimension transfrontalière, avec davantage de coordination inter-administrations et de coopération internationale.

Le contexte juridique turc reste très restrictif : les casinos ont été interdits en 1998 et les jeux en ligne non étatiques ont été prohibés en 2006, tandis que la loterie et certains services de paris opérés par l’État demeurent légaux, ce qui laisse coexister un “couloir” légal étroit et un écosystème illégal important. Parallèlement, les autorités ont élargi des enquêtes liées aux paris dans le football, montrant la pression croissante sur les circuits illégaux dans plusieurs secteurs.

L’enjeu, désormais, est de savoir si le débat turc restera centré sur la répression et les blocages, ou s’il évoluera vers une réforme structurelle—supervision, publicité, et traçage financier—pour assécher les flux d’argent qui font vivre les réseaux illégaux.

 

Publié February 10, 2026 par Brian Oiriga
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