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La Thaïlande intensifie sa répression contre les réseaux transnationaux d’arnaques en ligne et de jeu illégal

Les autorités thaïlandaises renforcent leur action contre la fraude sur internet et les opérations de jeu illégal en ligne, en combinant gels d’avoirs de plusieurs milliards de bahts et arrestations ciblées dans le cadre d’une campagne plus large contre les réseaux criminels transnationaux.

La nouvelle phase de cette offensive est devenue particulièrement visible le 9 avril, lorsque le Premier ministre et ministre de l’Intérieur Anutin Charnvirakul a annoncé que les autorités avaient saisi plus de 20 milliards de THB d’actifs liés à un important réseau transnational de cyberfraude. Selon le gouvernement, cette confiscation s’est déroulée en deux étapes, avec 68 éléments d’une valeur de 12 milliards de THB dans une première phase, puis 34 éléments supplémentaires d’une valeur d’environ 8,2 milliards de THB dans une seconde, ce qui illustre un recours beaucoup plus offensif aux outils de lutte contre le blanchiment contre la criminalité numérique.

La seconde phase du dossier a été autorisée le 8 avril par l’Anti-Money Laundering Office thaïlandaise et portait sur des véhicules, dépôts bancaires, créances et comptes de titres. Les informations publiées sur l’affaire indiquent que cette dernière décision a porté le total à 102 éléments saisis ou gelés, pour une valeur d’environ 20,392 milliards de THB. Les autorités soupçonnent le réseau d’être lié à plusieurs infractions sous-jacentes, notamment la fraude au public, la traite des êtres humains, l’activité criminelle organisée et des opérations systématiques d’escroquerie, ce qui montre à quel point la fraude en ligne est désormais intégrée à une criminalité financière transnationale beaucoup plus large.

La répression a aussi pris une dimension plus directement liée au jeu avec l’arrestation d’un ressortissant chinois à Pattaya. Selon la police thaïlandaise, l’affaire a débuté à partir de renseignements transmis par l’ambassade de Chine à Bangkok, qui a identifié le suspect comme un membre clé d’un réseau mafieux de jeu en ligne directement lié à la zone grise de Shwe Kokko, au Myanmar. Les enquêteurs affirment qu’il aurait participé à l’exploitation de 239 plateformes de jeu en ligne destinées à plus de 330 000 joueurs chinois, pour un volume d’activité estimé à 13,18 milliards de THB. Les autorités ont ajouté qu’il était entré en Thaïlande avec un passeport de Saint-Christophe-et-Niévès, que son visa avait été révoqué et qu’il faisait désormais l’objet d’une procédure d’éloignement afin de répondre aux poursuites en Chine.

En parallèle, la cyberpolice thaïlandaise continue de cibler l’infrastructure locale du jeu illégal en ligne. Le 4 mars, elle a annoncé le démantèlement du réseau BANKKOK1688, actif depuis plus d’un an, fort de plus de 10 000 membres et ayant traité des flux supérieurs à 2,4 milliards de THB. Les enquêteurs ont indiqué que le groupe utilisait des comptes mules et des circuits en cryptomonnaies pour recevoir, déplacer et blanchir les fonds, tandis que la police a obtenu des mandats d’arrêt contre 18 suspects, dont six avaient déjà été arrêtés au moment de l’annonce.

Cette vague répressive s’inscrit dans une stratégie thaïlandaise plus large qui traite désormais la criminalité technologique comme une priorité nationale. Le gouvernement a explicitement présenté la lutte contre les escroqueries comme un élément de l’agenda national et a appelé à une coordination renforcée entre l’AMLO, la police et les autorités compétentes afin d’élargir le traçage des avoirs et de poursuivre les auteurs de blanchiment. Cela montre que Bangkok ne considère plus la fraude en ligne et le jeu illégal comme des dossiers isolés, mais comme une composante d’un problème beaucoup plus vaste de sécurité transfrontalière, de traite et de criminalité financière.

Dans son ensemble, la séquence récente de gels d’avoirs et d’arrestations montre que la Thaïlande évolue vers un modèle de répression à plusieurs niveaux, fondé sur la saisie d’actifs, la cyberpolice, l’action migratoire et la coordination inter-agences. Le véritable test sera désormais la capacité à maintenir cette pression au-delà des frontières, car les écosystèmes criminels de la région mêlent de plus en plus centres d’arnaque, jeu illégal, traite des êtres humains et mécanismes de blanchiment. C’est précisément pour cela que ces dossiers dépassent le seul cadre local : ils montrent que la répression liée au jeu s’inscrit désormais dans une lutte bien plus large contre la criminalité numérique organisée. 

Publié April 14, 2026 par Brian Oiriga
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