Les Philippines se déclarent désormais “POGO-free” après la répression du secteur du jeu offshore
Les Philippines affirment être désormais “POGO-free” après une vaste répression contre les Philippine Offshore Gaming Operators, dans ce qui constitue le signal officiel le plus clair à ce jour que Manille considère le secteur comme fermé après l’interdiction légale et plusieurs mois de pression répressive.
Le secrétaire à la Justice, Fredderick Vida, a déclaré à la presse qu’aucun hub POGO n’opérait actuellement dans le pays, la presse locale présentant cette prise de parole comme la déclaration formelle selon laquelle les Philippines sont désormais “POGO-free”. Autrement dit, le message envoyé par Manille n’est plus seulement que les POGO sont interdits en droit, mais aussi que les autorités estiment avoir fermé les derniers centres d’opération dans le cadre de la répression post-interdiction.
Cette déclaration constitue l’aboutissement d’un tournant politique amorcé en juillet 2024, lorsque le président Ferdinand Marcos Jr. a ordonné la fermeture des Philippine Offshore Gaming Operators d’ici la fin de l’année. À l’époque, Reuters indiquait que PAGCOR devait annuler les licences et organiser l’extinction du secteur, même si l’État s’attendait à perdre une part importante de recettes fiscales et réglementaires.
Cette décision politique a ensuite été transformée en interdiction permanente par la loi. La Republic Act No. 12312, ou Anti-POGO Act of 2025, prévoit que les opérations de jeu offshore aux Philippines sont “interdites et déclarées illégales”. La loi révoque de manière définitive les licences POGO, interdit la délivrance de nouveaux permis, annule les visas et permis de travail liés au secteur et confie la supervision de l’application du texte à une structure interinstitutionnelle, avec un rôle central du DOJ si nécessaire.
Ce durcissement ne s’est pas produit sans contexte. Avant même la formalisation de l’interdiction, les autorités philippines avaient déjà renforcé les raids contre les opérateurs offshore illégaux, sur fond d’allégations reliant une partie du secteur à la traite d’êtres humains, aux enlèvements, aux centres d’escroquerie et à d’autres risques de criminalité organisée. Reuters rapportait dès la mi-2024 que les opérateurs illégaux étaient bien plus nombreux que les structures agréées, ce qui aide à comprendre pourquoi le gouvernement est finalement passé d’un contrôle renforcé à une interdiction pure et simple.
Pour l’industrie du jeu, l’importance de cette déclaration tient au passage d’une logique de retrait progressif à une affirmation d’achèvement. La position officielle n’est plus seulement que les POGO sont prohibés, mais que les Philippines considèrent désormais ce modèle comme effectivement démantelé sur leur territoire. La possibilité qu’une activité clandestine ou transfrontalière persiste reste une autre question d’exécution, mais sur le plan réglementaire et politique, Manille cherche clairement à refermer le chapitre des POGO. Cette dernière remarque est une inférence fondée sur la déclaration du DOJ, l’ordre de fermeture de 2024 et la loi de 2025.
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