Le Panama promulgue la loi 527 pour renforcer le contrôle de la ludopathie
Le Panama a publié la loi 527 au Journal officiel, créant un nouveau cadre de jeu responsable pour les casinos, les plateformes de paris en ligne et les opérateurs de gambling, tout en traitant la ludopathie comme un enjeu de santé publique et de protection des consommateurs.
Le Panama a promulgué la loi 527 du 23 mai 2026, un nouveau cadre juridique destiné à prévenir, traiter et contrôler la ludopathie dans le pays. Le texte a été publié dans la Gaceta Oficial No. 30534-B le 28 mai et s’applique aux jeux physiques, aux plateformes numériques de paris, aux applications mobiles, aux sites web et aux systèmes électroniques proposant des jeux de hasard, des paris ou des activités impliquant un risque économique lié au hasard.
La loi place la ludopathie dans un cadre plus large de santé publique. Son objectif affiché est de protéger la santé intégrale de la société panaméenne, avec une attention particulière aux populations vulnérables. Elle prévoit aussi que la réglementation future devra tenir compte d’études techniques et scientifiques sur le jeu problématique, de recommandations d’organismes de santé publique et des meilleures pratiques internationales en matière de prévention des addictions.
Pour les opérateurs, le nouveau cadre introduit des outils obligatoires de protection des joueurs. Les plateformes, machines de casino et systèmes électroniques devront permettre aux utilisateurs de fixer des limites de temps et de dépenses, de recevoir des notifications préventives et d’utiliser des fonctions de contrôle lorsque des comportements à risque sont détectés. Ces mesures visent à réduire les dommages économiques, protéger les mineurs et les personnes vulnérables, et limiter les troubles liés aux paris.
La loi crée également un mécanisme de financement pour le traitement. Un fonds sera établi via le ministère de l’Économie et des Finances au profit de l’Institut national de santé mentale, afin de développer et maintenir un centre de traitement de l’addiction aux jeux de hasard. Ce fonds sera financé par 0,5% des revenus annuels versés au Trésor national par les opérateurs de jeux régulés au Panama.
La protection des mineurs constitue un axe central. La loi interdit l’accès des enfants et adolescents de moins de 18 ans à tout type de jeu de hasard ou de pari, que ce soit dans les casinos physiques ou sur les plateformes numériques. Les plateformes de paris en ligne devront mettre en place une vérification biométrique de l’identité et de l’âge, tandis que les casinos complets et les salles de machines de type A devront intégrer progressivement, dans un délai de six mois, des outils de reconnaissance faciale à leurs systèmes de vidéosurveillance pour identifier les personnes exclues.
Le texte renforce aussi les règles de paiement et de sécurité. Les transactions sur les plateformes numériques, applications mobiles, sites web, machines électroniques et systèmes automatisés de paris ne pourront être réalisées qu’avec des moyens de paiement légalement acceptés au Panama. Les opérateurs devront intégrer des outils de sécurité certifiés, compatibles avec les standards nationaux et internationaux de protection des données et de prévention de la fraude, notamment la validation biométrique et la détection des transactions inhabituelles ou à risque.
Le non-respect de la loi pourra entraîner des sanctions importantes. Les opérateurs en infraction risquent des amendes allant de B/.25 000 à B/.100 000, avec un doublement en cas de récidive. Dans les cas les plus graves, le régulateur pourra ordonner la suspension temporaire de la licence, son annulation définitive ou le blocage du domaine ou de l’application numérique.
La Junta de Control de Juegos est désignée comme l’autorité compétente pour la supervision, l’application des règles et les sanctions. Elle pourra coordonner son action avec l’Autorité nationale pour l’innovation gouvernementale, le ministère de la Santé, le ministère de l’Économie et des Finances et d’autres institutions pertinentes. Elle pourra aussi ordonner le blocage, l’annulation, la suspension ou la restriction de sites web, plateformes, applications, noms de domaine, adresses IP et autres outils technologiques utilisés par des opérateurs nationaux ou internationaux non licenciés.
Les opérateurs de télécommunications et fournisseurs d’accès à internet devront appliquer immédiatement les ordres de blocage émis par la Junta de Control de Juegos. En cas de non-respect, ils s’exposent à des amendes de B/.300 000 à B/.1 million par infraction, et les intermédiaires pourront être considérés comme solidairement responsables si des opérations non autorisées restent accessibles au Panama.
Pour le marché panaméen du gambling, la loi 527 marque le passage d’un modèle centré sur l’autorisation des jeux vers un cadre plus complet de jeu responsable et de santé publique. La prochaine étape sera la mise en œuvre: l’Organe exécutif devra réglementer la loi dans un délai de six mois, tandis que les opérateurs devront adapter leurs contrôles d’âge, systèmes de paiement, outils utilisateurs, dispositifs de surveillance et procédures de conformité.
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