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Le jeu en ligne génère désormais plus de 68 % des recettes fiscales du secteur en Ouganda

Le régulateur ougandais affirme que le jeu numérique est devenu la principale source de recettes fiscales du secteur, tandis que les parlementaires réclament un renforcement de la lutte contre les machines illégales, les opérateurs non agréés et les sites clandestins, en particulier dans les zones rurales.

Le jeu en ligne représente désormais plus de 68 % des recettes fiscales issues du secteur des jeux en Ouganda, selon le National Lotteries and Gaming Regulatory Board (NLGRB). Ce chiffre, présenté par son directeur général Denis Mudene Ngabirano devant le Committee of Commissions, Statutory Authorities and State Enterprises (COSASE) du Parlement, illustre le déplacement rapide du marché vers les canaux numériques.

Ngabirano attribue une partie de cette progression au National Central Electronic Monitoring System, qui permet au régulateur de mieux suivre les transactions en ligne et d’améliorer la réconciliation fiscale. Les recettes fiscales générées par le secteur sont passées de 194 milliards UGX en 2023/24 à 368,02 milliards UGX en 2025/26, selon les chiffres communiqués par le Board.

Cette transition vers le numérique modifie également les priorités d’application de la réglementation. Le NLGRB indique avoir saisi 9 983 machines de jeu illégales au cours des six dernières années, dont 4 400 pendant le seul exercice 2025/26. Parmi l’ensemble des équipements saisis, 6 749 ont déjà été détruits sur décision judiciaire.

La lutte contre les plateformes numériques non autorisées s’intensifie parallèlement. En coopération avec l’Uganda Communications Commission et différents prestataires, le régulateur affirme avoir bloqué ou perturbé 57 sites de jeu illégaux. Il travaille également avec les opérateurs télécoms et fournisseurs d’accès afin de passer d’un simple blocage réactif à une détection plus rapide des nouvelles plateformes non autorisées.

Malgré ces résultats, les députés estiment que l’activité clandestine reste particulièrement importante en dehors des grandes villes. Lors de l’audition du COSASE, plusieurs parlementaires ont affirmé que les machines non autorisées, loteries et entreprises de paris se développent dans des zones rurales où la surveillance demeure insuffisante. Ils ont demandé au régulateur d’intensifier les contrôles de licences et les opérations d’application.

Le député de Kalungu County West, Joseph Ssewungu, a notamment évoqué la multiplication d’activités de jeu dans les districts ruraux sans supervision suffisante. D’autres membres du comité ont demandé une plus grande équité entre la fiscalité appliquée aux activités en ligne et celle du secteur terrestre, ainsi que davantage de campagnes publiques sur les risques liés au jeu excessif.

Le NLGRB affirme que le taux de conformité des opérateurs agréés est passé de 68 % en 2024/25 à 79 % en 2025/26. Au cours des trois dernières années, le Board a également traité 26 procédures liées à des opérateurs ou fournisseurs illégaux, dont 22 ont abouti à des condamnations.

Les derniers chiffres montrent ainsi un double défi pour l’Ouganda. Le jeu en ligne devient de plus en plus important pour les recettes publiques et plus facile à suivre grâce aux systèmes numériques, mais les équipements terrestres illégaux et les plateformes non autorisées restent un problème majeur. Le Parlement demande donc que le renforcement du contrôle technologique s’accompagne d’une présence réglementaire plus forte dans les zones rurales.

 

Publié September 3, 2026 par Brian Oiriga
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