Le président kényan William Ruto promet des lois drastiques contre la drogue, l’alcool illicite… et les jeux d’argent
Au Kenya, William Ruto a annoncé une refonte profonde des lois visant les drogues, l’alcool illicite et les paris, en prévenant que des mesures de régulation strictes, des sanctions renforcées et la saisie d’avoirs sont imminentes dans la lutte contre l’addiction et ses dégâts sociaux.
Le secteur kényan des jeux d’argent se prépare à un nouveau tour de vis après que le président William Ruto a inscrit les paris dans le même dossier que la drogue et l’alcool illicite. Début janvier 2026, il a promis d’introduire « les lois les plus sévères jamais appliquées » contre ces fléaux, avertissant les opérateurs que le temps de la régulation « légère » est terminé.
S’exprimant dans la circonscription de Moiben, le chef de l’État a estimé que le pays a atteint un point de rupture : selon les données citées, environ cinq millions de Kényans sont touchés par l’usage de substances ou par des comportements de jeu problématiques, un niveau qu’il juge intenable pour l’avenir économique et social du pays.
Sur le volet drogues, Ruto veut aller très loin. Il propose de rendre passible de la peine de mort les trafiquants qui vendent des stupéfiants durs comme l’héroïne et la cocaïne, tout en donnant à l’État le pouvoir de saisir les biens utilisés pour le commerce d’alcool illicite et de stupéfiants, notamment les véhicules servant au transport. « Toute personne qui vend de l’alcool illégal perdra les biens qu’elle utilise », a-t-il lancé, appelant les députés à soutenir ces textes sans hésitation.
Les jeux d’argent sont explicitement visés dans la même logique. Ruto a indiqué que le gouvernement « prépare des règlements sur les jeux et paris » en raison de leur impact financier et psychologique sur les ménages et a affirmé qu’il n’est plus possible de laisser les paris « se répandre partout » dans le pays. Il a précisé que les nouvelles règles sont élaborées en concertation avec le procureur général, l’autorité NACADA et les régulateurs, avec pour objectif un encadrement beaucoup plus strict des activités de jeu.
Cette prise de position s’ajoute à la Gambling Control Act 2025, qui a déjà modernisé en profondeur le cadre juridique, créé la Gambling Regulatory Authority of Kenya et durci les règles de publicité (interdiction du recours aux célébrités, des messages « enrichissez-vous » et des appels directs à jouer). Les annonces de Ruto indiquent cependant une « phase 2 » centrée sur l’exécution et la santé publique : les opérateurs qui ne respecteraient pas les futures exigences en matière de licence, de protection des joueurs et de lutte contre l’addiction pourraient se retrouver non seulement exposés à des sanctions administratives, mais aussi associés à des enquêtes pénales visant des réseaux illégaux plus larges.
Pour les acteurs présents sur un marché kényan des paris dominé par le mobile, le signal est sans ambiguïté : il faut anticiper un environnement plus exigeant, une surveillance accrue des modèles économiques et du marketing, et une politique des jeux d’argent désormais guidée d’abord par la réduction des risques sociaux plutôt que par la seule recherche de recettes fiscales.
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