Des comptes P2P de Binance au Kenya auraient été gelés après une demande du DCI/NPS
Une vague apparente de restrictions de comptes sur la plateforme peer-to-peer de Binance suscite des inquiétudes au Kenya, après plusieurs informations affirmant que les autorités répressives ont demandé le gel de certains comptes dans le cadre d’une offensive plus large contre la fraude et le blanchiment liés aux cryptoactifs.
Les publications parues cette semaine indiquent qu’un nombre non divulgué de comptes Binance au Kenya ont été gelés à la suite d’une action liée au Directorate of Criminal Investigations. TechCabal a rapporté que des enquêteurs criminels de haut rang présentaient cette mesure comme faisant partie d’une répression élargie contre la fraude et le blanchiment liés aux cryptomonnaies, tandis qu’une publication kényane affirmait que certains utilisateurs concernés disaient avoir reçu des emails de Binance mentionnant un gel demandé par le DCI via le National Police Service.
Cette nuance est importante, car le DCI fait partie de l’architecture institutionnelle du National Police Service kényan. Sur son site officiel, le NPS présente le Directorate of Criminal Investigations comme l’un de ses services et précise que son mandat consiste à enquêter sur les affaires criminelles graves. En pratique, le débat de marché porte donc moins sur l’implication de la police que sur les modalités du gel, son étendue réelle et les garanties procédurales offertes aux utilisateurs concernés.
La controverse publique s’est amplifiée en raison du manque de clarté sur l’ampleur exacte de l’opération et sur son fondement juridique. TechCabal indique que le nombre de comptes affectés n’a pas été rendu public, tandis que des médias kényans rapportent que certains utilisateurs affirment que leurs portefeuilles ont été bloqués sans ordonnance judiciaire formelle ni chefs d’accusation qui leur auraient été présentés. Ces éléments ont nourri un débat croissant sur la question de savoir s’il s’agit d’une action criminelle ciblée ou d’une intervention plus large et plus opaque dans le marché kényan des cryptoactifs.
Le moment est particulièrement sensible parce que le Kenya n’évolue plus dans un vide réglementaire sur les actifs virtuels. Le Virtual Asset Service Providers Act, 2025 a été publié au Kenya Gazette le 21 octobre 2025 et est entré en vigueur le 4 novembre 2025, tandis que le National Treasury a publié en mars 2026 un projet de VASP Regulations en ouvrant une consultation publique jusqu’au 10 avril 2026. Autrement dit, le pays cherche à structurer l’encadrement des cryptoactifs exactement au moment où la pression répressive semble monter autour des activités peer-to-peer.
Pour le marché, cet épisode dépasse donc la seule question de fonds momentanément bloqués. Il met en lumière une transition plus profonde dans le secteur kényan des actifs numériques. Les canaux peer-to-peer ont longtemps été centraux dans l’usage local des cryptomonnaies, mais ils constituent aussi la partie de l’écosystème la plus exposée à la fraude, aux flux informels et à la méfiance réglementaire. Si les gels rapportés sur Binance s’inscrivent bien dans une opération plus large du DCI, cette affaire pourrait devenir l’un des signes les plus nets que le Kenya passe désormais d’une phase d’adoption crypto à une phase d’enforcement plus dur et plus intrusive.
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