Le Kenya veut un système de surveillance des jeux en temps réel alors que le régulateur vise 310 millions de dollars de recettes fiscales
La Gambling Regulatory Authority du Kenya prévoit de connecter les opérateurs de jeux licenciés à une plateforme centrale de surveillance, donnant aux régulateurs un accès direct aux transactions alors que le gouvernement cherche à porter les recettes fiscales du secteur à environ 310 millions de dollars.
Le Kenya se prépare à introduire un système de surveillance des jeux d’argent en temps réel dans le cadre d’un effort plus large visant à renforcer le contrôle du secteur, améliorer la conformité fiscale et réduire les pertes de revenus dans un marché des paris en forte croissance.
Le projet a été présenté par Peter Karimi, directeur général de la Gambling Regulatory Authority, lors du Gaming Tech Summit Africa 2026 à Nairobi. Selon le régulateur, tous les acteurs licenciés du secteur — y compris les bookmakers en ligne, les casinos, les loteries et les établissements de jeu physiques — devront s’intégrer directement à la plateforme centrale de surveillance.
Ce système devrait marquer un changement important par rapport au modèle actuel, dans lequel les opérateurs déclarent principalement eux-mêmes leurs revenus et leurs transactions aux régulateurs et aux autorités fiscales. Une fois opérationnelle, la plateforme permettra aux agences publiques de suivre l’activité de pari en temps réel, de contrôler les recettes, de vérifier la conformité et de détecter plus rapidement les transactions suspectes.
L’enjeu fiscal de cette réforme est important. Le secteur kényan des paris et des jeux a généré environ 33 milliards de shillings kényans d’impôts au cours de l’exercice 2024/25. Grâce à des outils de conformité renforcés, à une réglementation plus prévisible et à de meilleures capacités de surveillance, les recettes devraient atteindre environ 40 milliards de shillings cette année, soit près de 310 millions de dollars.
Au-delà de la fiscalité, le système proposé devrait également renforcer la lutte contre les jeux illégaux. Les régulateurs prévoient d’utiliser cette plateforme en coopération avec la Communications Authority, la Banque centrale du Kenya et le Financial Reporting Centre afin d’identifier les opérateurs non licenciés, de suivre les flux financiers suspects et de protéger les consommateurs contre les activités de jeu liées à la fraude.
Cette initiative s’inscrit dans une réforme plus large du secteur, portée par le Gambling Control Act 2025 et les projets de Gambling Control Regulations 2026. Ces textes visent à moderniser les licences, les normes opérationnelles, les règles publicitaires, le cadre de la loterie nationale et la supervision des opérateurs basés à l’étranger.
Pour les opérateurs licenciés, la réforme pourrait entraîner des coûts de conformité plus élevés et des obligations techniques plus strictes. Elle pourrait toutefois aussi créer un marché plus transparent, en réduisant la sous-déclaration, en améliorant la prévisibilité fiscale et en rendant l’application des règles plus cohérente dans l’ensemble du secteur.
L’approche du Kenya reflète une tendance plus large en Afrique : les régulateurs des jeux passent progressivement d’un reporting papier ou déclaratif à une supervision automatisée et à un accès direct aux données transactionnelles. Si le système est mis en œuvre efficacement, il pourrait devenir l’un des principaux outils du Kenya pour équilibrer croissance du marché, collecte fiscale et protection des consommateurs.
Partager
-
Endorphina Allie Luxe et Haute Finance d...Endorphina enrichit son catalogue de ren...June 12, 2026
-
-
REEVO Entre sur le Terrain avec le Lance...REEVO enrichit son portefeuille iGaming ...June 11, 2026