La République dominicaine transmet au président une réforme des jeux avec un nouveau régulateur et un gel des licences pendant 10 ans
Le Congrès dominicain a achevé l'adoption d'une vaste réforme des jeux d'argent qui créerait un régulateur spécialisé, renforcerait le contrôle des paris en ligne et suspendrait pendant dix ans la plupart des nouvelles licences d'établissements de jeux.
Le Congrès de la République dominicaine a achevé l'examen d'un nouveau cadre général pour les jeux d'argent après l'adoption du texte amendé par le Sénat le 16 septembre. Le projet a désormais été transmis au pouvoir exécutif, qui peut le promulguer ou formuler des observations.
Le texte compte 196 articles et vise à regrouper dans un système réglementaire plus cohérent les casinos, les points de loterie et de paris sportifs, le bingo, les machines à sous et les jeux sur internet. Il prévoit notamment la création de la Dirección General de Juegos de Azar (DGJA), une autorité autonome et décentralisée disposant d'une indépendance administrative, financière et technique.
Le projet prévoit également de suspendre pendant 10 ans l'attribution de la plupart des nouvelles licences d'établissements de jeux après la publication du registre officiel des titulaires. Les casinos situés dans les hôtels et zones touristiques bénéficieraient d'une exception. Les autorités cherchent ainsi à mieux contrôler un marché qui compte déjà plus de 71 000 points de loterie et de paris sportifs enregistrés.
Les jeux en ligne recevraient également un cadre national plus précis. Les opérateurs devraient disposer d'une licence et utiliser un domaine dominicain .do. La DGJA pourrait ordonner le blocage des sites non autorisés et demander la suspension des transactions financières destinées aux opérateurs illégaux. Le texte prévoit aussi un prélèvement mensuel de 10 % sur les opérations de jeux en ligne.
La protection des joueurs constitue un autre volet important. Le projet crée un Registre national d'auto-exclusion, permettant aux personnes de demander volontairement à ne plus pouvoir jouer. Les opérateurs devraient consulter ce registre avant d'autoriser l'accès, l'ouverture d'un compte ou le paiement d'un gain et ne pourraient plus envoyer de publicité ou de bonus aux personnes inscrites.
La réforme renforce également la protection des mineurs et introduit de nouvelles règles géographiques. Les établissements de jeux ne pourraient généralement pas être installés à moins de 500 mètres des écoles, universités, hôpitaux, églises et de plusieurs autres institutions protégées, certaines dispositions prévoyant toutefois un traitement différent pour les casinos.
Le régime de sanctions comprend des amendes pouvant atteindre 400 salaires minimums, des fermetures temporaires, le retrait des licences et d'autres mesures administratives. Certaines activités illégales pourraient également entraîner des peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. Par ailleurs, 10 % des recettes provenant des amendes seraient consacrées à la prévention et au traitement de la dépendance aux jeux.
L'adoption n'a toutefois pas fait l'unanimité. Plusieurs sénateurs estimaient que le texte nécessitait davantage d'études et de consultations, tandis que ses défenseurs considèrent qu'un cadre général est nécessaire pour moderniser une réglementation encore largement fondée sur une loi de 1964.
La prochaine étape dépend désormais du pouvoir exécutif. Tant que le texte n'a pas été promulgué, le nouveau régulateur, le gel des licences et les règles applicables aux jeux en ligne doivent être considérés comme approuvés par le Congrès, mais pas encore entrés en vigueur.
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