La République dominicaine promulgue une nouvelle loi sur les jeux et crée un régulateur unique
La République dominicaine a promulgué la Loi 86-26, qui instaure un nouveau cadre réglementaire pour les jeux d’argent, crée une autorité nationale dédiée et modifie les règles applicables aux licences, casinos, points de paris et machines à sous.
Le président Luis Abinader a promulgué la Loi 86-26, ouvrant une nouvelle étape réglementaire pour le marché dominicain des jeux d’argent. Publiée le 2 octobre dans la Gaceta Oficial n° 11263, la législation crée la Dirección General de Juegos de Azar (DGJA), qui devient l’autorité centrale chargée de superviser le secteur.
Parallèlement, le président a signé le décret 684-26 nommant Teófilo « Quico » Tabar Manzur directeur général par intérim de la DGJA. Il coordonnait auparavant le processus national de régularisation des jeux d’argent.
La loi modifie notamment la durée des licences. Les licences des bancas de loterie seront désormais valables cinq ans, tandis que celles des casinos conserveront une durée de dix ans. Les casinos ne pourront fonctionner que dans des hôtels classés au minimum quatre étoiles.
Les machines à sous devront disposer d’une licence spécifique de dix ans et respecter de nouvelles restrictions. Les points de paris sportifs pourront exploiter jusqu’à 15 machines, tandis que les plans de gains devront garantir un taux de retour minimum de 85 % aux joueurs. Les établissements de jeux devront généralement respecter une distance d’au moins 500 mètres avec les écoles, universités, églises, hôpitaux et certains bâtiments publics, les casinos étant exemptés de cette règle.
Le nouveau cadre crée également un Registre national d’auto-exclusion et prévoit un gel de dix ans des nouvelles licences d’établissements une fois terminé l’enregistrement des opérateurs existants. Les casinos intégrés à certains projets touristiques pourront bénéficier d’une exception.
La loi avait néanmoins suscité certaines inquiétudes avant sa promulgation. L’Association des fournisseurs de logiciels de points de vente (ASOPOS) avait averti que certaines dispositions de l’article 163 pourraient exposer les fournisseurs technologiques à une responsabilité pénale pour des opérations illégales réalisées par leurs clients. L’association réclamait une distinction plus claire entre les opérateurs de jeux et les entreprises qui développent ou assurent uniquement le support de leurs systèmes.
La Loi 86-26 constitue ainsi l’une des réformes les plus importantes du secteur dominicain depuis plusieurs décennies. L’attention se porte désormais sur sa mise en œuvre par la nouvelle DGJA, notamment sur l’enregistrement des opérateurs, les procédures de licence et l’interprétation des dispositions applicables aux entreprises de jeux et à leurs fournisseurs technologiques.
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