Le régulateur chilien des casinos confronté à plusieurs postes de direction vacants au moment de décisions majeures
La Superintendencia de Casinos de Juego du Chili fonctionne depuis environ six mois sans titulaire permanent et doit faire face à plusieurs autres vacances de postes stratégiques, alors qu’elle supervise d’importantes procédures de licences de casinos et pourrait prochainement voir ses compétences étendues aux paris en ligne.
La Superintendencia de Casinos de Juego (SCJ) du Chili traverse une période de transition institutionnelle après environ six mois sans superintendant nommé de manière permanente. Vivien Villagrán, qui dirigeait l’organisme depuis 2017, a quitté ses fonctions en février 2026 après avoir atteint la durée maximale autorisée dans le cadre du système chilien de haute direction publique. La SCJ est actuellement dirigée par intérim par Eduardo Cáceres Guzmán, ancien responsable de la Division de la supervision.
La sélection du successeur permanent de Villagrán est organisée par la Direction nationale du Service civil, mais la nomination n’a toujours pas été finalisée. Le superintendant occupe pourtant une fonction centrale : il dirige l’organisme, peut édicter des instructions réglementaires, imposer des sanctions et proposer au Conseil de résolution l’octroi, le renouvellement ou le retrait des autorisations d’exploitation des casinos.
Cette absence à la tête de l’institution s’accompagne de changements dans plusieurs divisions stratégiques. Carlos Arriagada a quitté en mai son poste à la tête de la Division des autorisations après avoir achevé la période maximale prévue par le système de haute direction publique. Manuel Zárate, responsable de la Division juridique, devrait à son tour arriver au terme de son mandat en septembre. La SCJ affirme avoir pris les mesures nécessaires pour garantir la continuité institutionnelle et assure que les activités de supervision, de réglementation et de traitement des procédures de sanction se poursuivent normalement.
Le calendrier rend cette transition particulièrement sensible. Le régulateur supervise actuellement plusieurs procédures importantes d’attribution de licences de casinos pour Iquique, Coquimbo, Viña del Mar et Pucón. La présentation des offres techniques et économiques est prévue le 11 août. À la fin du mois de juillet, la SCJ avait confirmé le maintien de ce calendrier après le rejet par le Tribunal de défense de la libre concurrence de plusieurs demandes visant à suspendre les procédures.
Le processus de Viña del Mar a notamment donné lieu à des recours devant le tribunal de la concurrence, tandis que des demandes de suspension portant sur les quatre appels d’offres ont également été rejetées. La SCJ reste donc chargée d’examiner les candidats, d’analyser l’origine et la suffisance de leurs fonds, d’évaluer leurs propositions techniques puis de transmettre ses conclusions au Conseil de résolution. Selon le système en vigueur, l’évaluation technique peut durer jusqu’à 120 jours ouvrables après la remise des offres.
Une autre procédure importante est parallèlement en cours à Puerto Varas. Deux candidats — Inversiones y Turismo Puerto Varas et Sociedad Quiquilhue — ont présenté leurs offres techniques et économiques en janvier, ajoutant une nouvelle décision de concession majeure au calendrier du régulateur.
Malgré ces changements de personnel, la SCJ continue également de faire évoluer son cadre réglementaire. Le 30 juillet, elle a publié avec l’Unité d’analyse financière du Chili une nouvelle circulaire conjointe consacrée à la prévention du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et du financement de la prolifération des armes de destruction massive dans les 25 casinos agréés du pays. Les nouvelles règles instaurent notamment une approche fondée sur les risques, renforcent les mesures de connaissance des clients et élargissent les responsabilités en matière de conformité. Elles doivent entrer en vigueur le 1er octobre.
Les responsabilités de la SCJ pourraient en outre augmenter considérablement si le Chili adopte le projet de loi visant à réglementer les plateformes de paris en ligne. Le texte prévoit d’élargir les compétences de l’organisme au marché numérique et de transformer la Superintendencia de Casinos de Juego en une autorité plus large chargée des casinos, des paris et des jeux de hasard. Une telle évolution ajouterait un nouveau marché à superviser alors que le régulateur traite déjà plusieurs procédures importantes concernant les casinos terrestres.
Les postes vacants ne signifient donc pas que la réglementation chilienne des casinos est paralysée : les procédures de licences se poursuivent, les activités de contrôle restent opérationnelles et de nouvelles obligations de conformité continuent d’être introduites. Toutefois, l’absence de titulaires permanents dans plusieurs fonctions clés intervient à un moment où les décisions de la SCJ pourraient déterminer l’avenir de concessions importantes pour de nombreuses années.
La nomination rapide de responsables permanents apporterait donc davantage de prévisibilité institutionnelle au secteur. Cet enjeu pourrait devenir encore plus important si la réglementation des paris en ligne progresse, car la SCJ pourrait prochainement devoir superviser un marché beaucoup plus vaste et techniquement complexe tout en finalisant certaines des principales décisions d’attribution de licences de casinos du pays.
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