Le Chili ordonne le blocage de 42 sites de paris en ligne illégaux
Le régulateur chilien des télécommunications a ordonné aux principaux fournisseurs d'accès à Internet du pays de bloquer 42 URL liées à des plateformes de paris et de jeux en ligne non autorisées, marquant une nouvelle étape importante dans la lutte contre le marché illégal.
Le Chili renforce son offensive contre les jeux d'argent en ligne non autorisés. La Subsecretaría de Telecomunicaciones (Subtel) a ordonné à six grands fournisseurs d'accès à Internet de bloquer 42 URL associées à des plateformes de paris et de casino opérant sans autorisation dans le pays.
La décision, annoncée le 1er septembre, concerne Entel, Movistar, Claro, GTD, WOM et VTR. Les opérateurs disposent d'un délai maximal de 48 heures à compter de leur notification respective pour mettre en œuvre le blocage au moyen du système de noms de domaine, ou DNS.
La liste transmise à Subtel a été préalablement examinée par la Superintendencia de Casinos de Juego (SCJ), l'autorité chilienne compétente dans le secteur des jeux d'argent. Elle comprend notamment des domaines associés à plusieurs marques internationales bien connues telles que Betano, 1xBet, Betsson, Stake, bet365, Novibet, BC.Game, TonyBet et Betcris.
Le chiffre de 42 correspond toutefois à des URL et non nécessairement à 42 opérateurs distincts. Certaines marques apparaissent avec plusieurs domaines différents, illustrant l'une des principales difficultés rencontrées par les autorités lorsqu'elles tentent de limiter l'activité de plateformes offshore capables d'utiliser des adresses alternatives, des sous-domaines ou des sites miroirs.
La mesure met en application les décisions rendues par la Cour suprême du Chili et la Cour d'appel de Santiago concernant l'accès aux services de jeux d'argent illégaux. La procédure judiciaire à l'origine de cette action avait été engagée par Lotería de Concepción contre les fournisseurs de télécommunications en raison de l'accès à des plateformes de paris fonctionnant sans autorisation légale au Chili.
Le système présenté par Subtel prévoit plusieurs étapes. Lotería de Concepción, ou d'autres parties impliquées dans des procédures similaires, peuvent tout d'abord identifier les domaines et sites dérivés concernés. La SCJ vérifie ensuite qu'ils correspondent bien à des opérateurs non autorisés avant que Subtel ne transmette officiellement l'instruction de blocage aux fournisseurs d'accès concernés.
Ces derniers doivent ensuite prouver la mise en œuvre effective des restrictions directement auprès de la Cour d'appel de Santiago. Une copie de cette confirmation doit également être envoyée à Subtel avec la date et l'heure exactes auxquelles le blocage est devenu effectif.
La technique du blocage DNS a été retenue après une analyse technique présentée par Subtel. Selon le régulateur, cette solution permet d'interdire l'accès aux domaines ciblés de manière proportionnée tout en protégeant la vie privée des utilisateurs et en respectant les principes de neutralité du réseau. Elle vise également à limiter le risque de bloquer involontairement des services en ligne légitimes.
L'un des éléments les plus importants de cette nouvelle procédure est qu'elle ne se limite pas à la liste initiale de 42 URL. Subtel a précisé que le même mécanisme pourra être appliqué ultérieurement à de nouveaux domaines, sous-domaines ou sites miroirs lorsqu'ils auront été précisément identifiés, vérifiés et préalablement validés par la SCJ.
Cette possibilité pourrait rendre les mesures de blocage plus efficaces. Les opérateurs offshore peuvent en effet rapidement changer de domaine après une restriction, ce qui réduit l'efficacité d'une liste fixe de sites interdits. Le nouveau système permet aux autorités chiliennes de renouveler la procédure à mesure que de nouvelles adresses apparaissent.
Cette offensive intervient alors que le Chili continue de travailler sur un cadre législatif plus large pour les paris en ligne. Dans le système juridique actuel, les jeux d'argent sont en principe interdits lorsqu'ils ne bénéficient pas d'une autorisation spécifique prévue par la loi. Parmi les exceptions figurent notamment Polla Chilena de Beneficencia, Lotería de Concepción, les courses hippiques et les casinos terrestres autorisés.
La SCJ maintient que l'exploitation commerciale de plateformes privées de paris en ligne reste illégale dans le cadre actuel. Parallèlement, un projet de loi destiné à créer un marché réglementé des paris en ligne demeure en discussion au Sénat. Le futur dispositif doit notamment établir un système de licences, des mécanismes de protection des joueurs, des règles de jeu responsable, une fiscalité spécifique et des outils supplémentaires de lutte contre les opérateurs illégaux.
Le blocage des 42 URL apparaît donc comme une étape plus importante qu'une simple opération ponctuelle contre plusieurs sites. En mettant en place un mécanisme pouvant être réutilisé pour de nouveaux domaines et sites miroirs, le Chili se dote progressivement d'un outil d'application plus systématique contre les paris offshore. Tant qu'un véritable régime de licences pour les jeux en ligne n'aura pas été adopté, le blocage des accès devrait rester l'un des principaux instruments utilisés par le pays pour réduire la présence des opérateurs non autorisés.
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