Le Chili relance le débat sur les jeux d’argent en ligne après une résolution fiscale du SII
Le Service des impôts chilien a créé un mécanisme d’enregistrement fiscal et de paiement de la TVA pour les plateformes étrangères de jeux d’argent en ligne, relançant le débat politique et réglementaire sur le statut des opérateurs offshore dans le pays.
Le Service des impôts chilien, le Servicio de Impuestos Internos, a publié la Résolution n° 69 de 2026, qui crée un système permettant aux plateformes étrangères de jeux d’argent en ligne de s’enregistrer, de déclarer et de payer les impôts liés aux services fournis aux utilisateurs au Chili. La résolution, datée du 2 juin, s’applique aux entreprises sans domicile ni résidence dans le pays qui proposent des paris en ligne, des jeux de hasard, des services de casino et des activités numériques similaires ou connexes.
Selon le SII, cette mesure vise à renforcer le respect des obligations fiscales pour les services numériques fournis depuis l’étranger. Les plateformes qui s’inscrivent dans le système devront suivre les règles existantes applicables aux contribuables étrangers fournissant des services numériques soumis à la TVA. L’impôt s’appliquera au montant total reçu en contrepartie de ces services, quelle que soit la nature de la rémunération.
La résolution couvre également l’activité passée. Une fois enregistrées, les plateformes ayant fourni des services à des utilisateurs chiliens au cours des 36 dernières périodes fiscales devront payer la TVA due au moyen du Formulaire 129, également appelé formulaire TVA numérique. Le SII affirme que cette mesure vise à éviter les espaces sans contrôle et les inégalités par rapport aux contribuables qui respectent déjà leurs obligations.
Cependant, la décision a immédiatement ravivé le débat sur la régulation des jeux d’argent en ligne au Chili. Le SII a précisé que la résolution concerne uniquement les obligations fiscales et ne tranche pas la question de l’autorisation, de la régulation ou de la légalité de ces plateformes. Les sujets liés aux licences, à la supervision sectorielle et à la qualification juridique des activités de jeu relèvent toujours d’autres autorités compétentes.
Cette distinction n’a pas mis fin à la controverse. Des représentants du secteur des casinos réglementés et plusieurs parlementaires ont critiqué la mesure, estimant que l’entrée des plateformes offshore dans un système fiscal pourrait envoyer un signal confus au marché. Selon les critiques, l’enregistrement fiscal ne doit pas être interprété comme une légalisation, et une loi complète est nécessaire pour définir les licences, la protection des consommateurs, les règles de publicité et les mécanismes d’application contre les opérateurs illégaux.
Ce débat intervient alors que le Chili continue de discuter d’un cadre plus large pour les jeux d’argent en ligne. Pour l’industrie, la Résolution n° 69 est importante car elle sépare clairement l’application fiscale de l’octroi de licences de jeu, tout en montrant que les autorités ne peuvent plus ignorer l’activité économique générée par les plateformes offshore.
Les prochains mois pourraient être décisifs pour le marché chilien des jeux en ligne. Si la conformité fiscale avance plus vite que la régulation sectorielle, les opérateurs, les casinos et les décideurs pourraient faire face à une période d’incertitude dans laquelle les plateformes devront payer la TVA sans disposer encore d’un cadre de licence clair. Pour le Chili, le principal défi sera d’aligner la collecte fiscale, la protection des consommateurs et la légalité du marché dans une approche réglementaire cohérente.
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