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Le Chili renforce l’application de la TVA contre les opérateurs offshore de jeux en ligne

Le Servicio de Impuestos Internos du Chili a intensifié son contrôle fiscal sur les plateformes étrangères de paris et de casinos en ligne, en transférant une partie de la collecte de la TVA aux prestataires de paiement après une première absence d’inscriptions au nouveau régime.

Le Servicio de Impuestos Internos, ou SII, a renforcé son dispositif fiscal contre les opérateurs offshore de jeux en ligne après avoir confirmé que les plateformes étrangères de paris et de casinos proposant leurs services aux consommateurs chiliens doivent s’inscrire, déclarer et payer la TVA dans le cadre du régime chilien des services numériques.

Cette mesure fait suite à la Résolution No. 69, publiée le 2 juin 2026, qui a créé un mécanisme permettant aux plateformes non résidentes proposant des paris en ligne, des jeux d’argent, des casinos et des services similaires à distance de respecter leurs obligations de TVA au Chili. La résolution intègre ces plateformes étrangères au régime simplifié déjà utilisé pour les fournisseurs de services numériques basés à l’étranger.

Le SII a d’abord indiqué qu’au 13 juillet, aucune plateforme de paris en ligne ne s’était inscrite pour respecter cette obligation. Cette situation a déclenché une nouvelle étape d’application, l’autorité fiscale annonçant qu’elle appliquerait un mécanisme de “changement de sujet” aux plateformes qui ne se seraient pas enregistrées volontairement.

Dans ce modèle, les banques, institutions financières non bancaires et opérateurs de moyens de paiement deviennent responsables de retenir 19 % de TVA sur les transactions impliquant des plateformes offshore non enregistrées, puis de reverser ces montants chaque mois à l’administration fiscale. Le système s’appuie sur les données de paiement issues des cartes de débit, de crédit et prépayées, ce qui permet au SII d’identifier les transactions de jeu liées aux consommateurs chiliens.

Peu après cette annonce, la situation a évolué. Le SII a confirmé que 25 plateformes de paris en ligne s’étaient inscrites entre le 14 et le 15 juillet au régime simplifié de TVA numérique. Dans le même temps, l’administration fiscale a publié une liste de plateformes non inscrites, qui seront donc soumises au mécanisme de retenue par les prestataires de paiement.

Le SII a précisé que la base imposable sera généralement calculée sur le montant total misé par les utilisateurs domiciliés ou résidant au Chili. Toutefois, lorsqu’une plateforme peut prouver de manière fiable la valeur des gains versés aux clients, la base imposable pourra être calculée comme le montant des mises moins les prix payés. Dans les deux cas, le taux de TVA applicable est de 19 %.

L’autorité fiscale a également insisté sur le fait que cette mesure ne légalise pas et n’autorise pas l’exploitation de plateformes de jeux en ligne au Chili. La résolution porte exclusivement sur le respect des obligations fiscales, tandis que les questions de licence, de légalité et de régulation sectorielle relèvent d’autres organismes compétents et du débat législatif en cours.

Pour les opérateurs offshore, le message est direct : servir des clients chiliens sans résidence locale ne les place plus hors de portée du contrôle fiscal chilien. Même lorsqu’une plateforme ne s’enregistre pas, le Chili peut utiliser les intermédiaires de paiement et les données de transaction pour collecter la TVA au niveau de la chaîne de paiement.

Pour les banques et prestataires de paiement, le nouveau cadre crée un rôle supplémentaire de conformité. Ils peuvent désormais devenir des points opérationnels de collecte fiscale pour les transactions de jeu impliquant des plateformes offshore non conformes. Cela renforcera l’importance du suivi des transactions, de l’identification des marchands et de la coordination avec le SII.

Cette mesure reflète aussi une tendance plus large en Amérique latine. Les gouvernements utilisent de plus en plus les outils fiscaux, les données de paiement et les règles relatives aux services numériques pour placer les activités de jeu offshore sous contrôle public, même avant l’adoption complète de régimes de licence pour les jeux en ligne.

L’approche chilienne crée un pont entre contrôle fiscal et future régulation des jeux. Elle ne règle pas le débat juridique autour des paris en ligne, mais donne à l’État un mécanisme pratique pour capter des revenus, identifier les opérateurs actifs et réduire l’écart entre les plateformes offshore et les entreprises respectant les obligations locales.

Le principal test sera désormais l’application concrète. Si le SII parvient à suivre les inscriptions, vérifier les déclarations et appliquer la retenue aux plateformes non conformes, le Chili pourrait établir l’un des modèles de contrôle fiscal les plus avancés de la région pour les jeux en ligne offshore. Pour les opérateurs, ignorer les règles fiscales du marché chilien devient désormais beaucoup plus risqué.

 

Publié July 18, 2026 par Brian Oiriga
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