Cameroun : l’échéance du 15 mars est passée pour la conformité à la taxe numérique de 3% visant les plateformes étrangères, y compris les opérateurs offshore
La loi de finances 2026, via le critère de “présence économique significative”, impose aux plateformes numériques non résidentes—dont les sites de paris sportifs et de casino en ligne—de s’enregistrer, déclarer les revenus issus du marché camerounais et payer un prélèvement minimum de 3%; le 15 mars constituait la date clé pour les grands contribuables.
Le Cameroun a franchi l’échéance du 15 mars, date fixée pour les contribuables relevant de la catégorie “grandes entreprises” dans le cadre de la loi de finances 2026, qui introduit une taxe minimale de 3% sur les revenus numériques réalisés au Cameroun par des plateformes étrangères—y compris les opérateurs offshore de paris sportifs et de casino en ligne.
Le dispositif repose sur la notion de présence économique significative (SEP). D’après l’analyse de KPMG, une plateforme peut être considérée comme ayant une SEP si ses recettes brutes issues de services numériques au Cameroun dépassent 50 millions FCFA sur l’année fiscale, ou si elle compte plus de 1 000 utilisateurs/clients/titulaires de compte localisés dans le pays.
Concrètement, les entreprises concernées doivent s’enregistrer auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI), déclarer les recettes liées aux utilisateurs camerounais et procéder au paiement par voie électronique. Focus Gaming News Africa souligne que la réforme est récente et que de nombreux opérateurs ajustent encore leurs processus de déclaration et de paiement.
Le mécanisme de 3% est aussi pensé comme un cadre évolutif : le régime SEP fonctionne avec une base forfaitaire (profit “réputé” à 10% du chiffre d’affaires local sur certaines activités), ce qui aboutit au prélèvement de 3% sur le revenu brut. Les entreprises peuvent, si elles le souhaitent, basculer vers le régime de droit commun en payant l’IS au taux standard de 30% sur le bénéfice net réel, ce qui peut concerner les acteurs disposant d’une structure plus lourde et de comptes audités.
Maintenant que le 15 mars est passé, l’enjeu devient celui de l’exécution : la capacité de l’administration à identifier rapidement les plateformes offshore non conformes et à faire respecter l’enregistrement, la déclaration et le paiement—dans un segment historiquement habitué à opérer sans empreinte fiscale locale.
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