Le Brésil élargit la responsabilité des banques et des promoteurs liés aux plateformes de paris illégales
Le ministère brésilien des Finances a publié une nouvelle ordonnance définissant la responsabilité solidaire des institutions financières qui traitent des transactions pour des plateformes de paris irrégulières, tout en avertissant que les personnes et entreprises qui promeuvent des opérateurs illégaux peuvent également être tenues responsables.
Le Brésil renforce son cadre de lutte contre les plateformes de paris illégales en élargissant la responsabilité aux institutions financières et aux tiers qui contribuent au fonctionnement du marché non réglementé.
Le ministère des Finances a publié la Portaria MF nº 1.766 le mercredi 17 juin. La mesure définit la responsabilité solidaire des institutions financières qui servent d’intermédiaires pour des transactions impliquant des plateformes de paris irrégulières. L’ordonnance a été signée par le ministre des Finances Dario Durigan et s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement visant à fermer les canaux financiers et promotionnels utilisés par les opérateurs non autorisés.
Dans ce nouveau cadre, les banques, institutions de paiement et autres intermédiaires financiers peuvent être tenus solidairement responsables lorsqu’ils traitent ou permettent des transactions liées à des opérateurs de paris à cote fixe illégaux. La mesure renforce l’idée que la lutte contre les paris illégaux ne doit pas viser uniquement l’opérateur lui-même, mais aussi l’infrastructure qui permet à ces plateformes de recevoir des dépôts, de déplacer des fonds et de payer les gains.
La règle étend également le risque aux personnes physiques et morales qui font la promotion de plateformes de paris illégales. Cela signifie que les affiliés, agences publicitaires, influenceurs, médias et autres partenaires commerciaux peuvent être tenus responsables s’ils diffusent ou soutiennent des opérateurs qui ne sont pas autorisés à exercer au Brésil.
Cette décision s’appuie sur le cadre réglementaire déjà en place pour les paris à cote fixe. Depuis le lancement du marché réglementé, le ministère des Finances et la Secretaria de Prêmios e Apostas ont rappelé à plusieurs reprises que seules les entreprises autorisées peuvent proposer des services de paris dans le pays. Les règles précédentes interdisaient déjà aux institutions financières et de paiement de maintenir des comptes transactionnels pour des opérateurs illégaux ou de traiter des dépôts et paiements de gains en leur nom.
La nouvelle ordonnance donne à cette politique une dimension fiscale et juridique plus forte. En reliant les intermédiaires financiers et les promoteurs à une responsabilité solidaire, le gouvernement augmente le coût de toute relation commerciale avec des plateformes non autorisées. Elle incite également les banques, fintechs, sociétés de paiement et partenaires publicitaires à renforcer leurs procédures de diligence, surveiller plus étroitement leurs clients et rompre plus rapidement les liens avec les opérateurs suspects.
Pour le marché brésilien légal des paris, cette mesure est importante car les opérateurs illégaux restent l’un des plus grands défis pour les entreprises licenciées. Les plateformes non autorisées peuvent éviter les obligations fiscales, les règles de protection des consommateurs, les exigences de jeu responsable et les standards techniques, tout en continuant à cibler les clients brésiliens grâce au marketing en ligne et à l’accès aux paiements.
Pour les institutions financières, le message est clair : la conformité dans le secteur des paris ne se limite plus à vérifier si un client détient un compte. Les institutions pourraient devoir renforcer leurs procédures pour identifier les transactions liées aux paris, vérifier l’autorisation des opérateurs et répondre rapidement aux notifications officielles des régulateurs.
Pour les annonceurs et influenceurs, l’ordonnance augmente également les risques. La promotion de plateformes de paris illégales est de plus en plus traitée non comme une simple activité marketing, mais comme une possible contribution au fonctionnement d’une opération de jeu non autorisée. Cela pourrait transformer la gestion de la publicité liée aux paris au Brésil, en particulier sur les réseaux sociaux, dans le marketing d’affiliation et les sponsorings numériques.
L’approche du Brésil reflète une tendance internationale plus large dans la régulation des jeux d’argent. Les gouvernements ciblent de plus en plus les écosystèmes financiers et publicitaires qui entourent les opérateurs illégaux, au lieu de s’appuyer uniquement sur le blocage de sites ou les mesures directes contre les plateformes offshore.
Si elle est appliquée efficacement, la Portaria MF nº 1.766 pourrait rendre plus difficile pour les sites de paris illégaux d’atteindre les consommateurs brésiliens, de traiter des paiements et de gagner en visibilité en ligne. Elle renforce également le message plus large du gouvernement : le marché réglementé des paris dépendra non seulement de la licence des opérateurs, mais aussi du fait que les banques, prestataires de paiement et partenaires marketing ne soutiennent pas le marché illégal.
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