Le Bangladesh prépare une offensive nationale contre le jeu et les paris en ligne après la session parlementaire
Le gouvernement bangladais affirme qu’il lancera une opération coordonnée à l’échelle nationale contre le jeu, le jeu en ligne et les activités criminelles associées après la session parlementaire en cours, signalant une phase d’enforcement plus dure, présentée notamment comme une mesure de protection de la jeunesse.
Le ministre de l’Intérieur, Salahuddin Ahmed, a déclaré devant le parlement le 27 avril que le gouvernement appliquait une politique de “tolérance zéro” à l’égard du jeu, du jeu en ligne et de la drogue, et qu’une opération nationale coordonnée commencerait une fois la session parlementaire close le 30 avril. Il répondait à une motion urgente qui attirait aussi l’attention sur des lounges de shisha illégaux opérant sous couvert de restaurants et de cafés dans les quartiers aisés de Dacca.
Le calendrier prend désormais une importance particulière, car le site officiel du parlement bangladais indique que la première session de 2026 a été prorogée le 30 avril et qu’aucune nouvelle session n’est actuellement annoncée. Autrement dit, l’échéance politique évoquée par le ministre est désormais dépassée, même si le gouvernement n’a pas encore publié de feuille de route opérationnelle détaillant les agences qui piloteront la campagne ni l’ordre des mesures à venir.
Le ministre a présenté cette future campagne autant comme une mesure de protection de la jeunesse que comme une action classique de maintien de l’ordre. Devant le parlement, il a affirmé qu’il n’existait “aucune alternative” pour sauver les jeunes des réseaux liés au jeu, au jeu en ligne et à la drogue, tout en ajoutant que certaines activités illégales de nuit continuaient à survivre grâce à des changements d’adresse ou au soutien tacite de certains responsables. Cette formulation laisse entendre que la répression à venir pourrait viser non seulement les lieux visibles, mais aussi les réseaux de protection qui permettent à ces activités de perdurer.
Ce projet s’inscrit aussi dans une trajectoire répressive déjà visible au Bangladesh. En mai 2025, le Criminal Investigation Department avait lancé une campagne nationale contre le jeu et les paris en ligne sous le Cyber Security Ordinance 2025, en affirmant avoir identifié plus de 1 000 agents de services financiers mobiles soupçonnés de participer à des transactions liées au jeu illégal. Cette première vague montrait déjà que l’État cherchait à frapper non seulement les sites physiques, mais aussi l’infrastructure numérique et financière du marché.
Pris ensemble, ces éléments montrent que l’annonce récente du parlement ressemble à la préparation d’une deuxième phase plus large de répression plutôt qu’à une simple série de descentes ponctuelles. Si l’opération postérieure au 30 avril est effectivement menée comme annoncé, la prochaine étape devrait viser à la fois les lieux physiques du vice et les réseaux de jeu en ligne, avec une coordination plus forte entre la police, les autorités antidrogue et les services chargés du contrôle financier.
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